Antidépresseur et alcool : un mauvais mélange

Antidépresseur et alcool font l’objet d’une combinaison qui n’est jamais recommandée. Quand on est sous traitement antidépresseur, il est déconseillé de boire de l’alcool. L’alcoolodépendance provoque beaucoup de risques, à commencer par la potentialisation des troubles mentaux.

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D’autres complications sont possibles et expliquent l’interdiction de la consommation d’alcool en prenant un traitement antidépresseur.

Quelle est la véritable gravité en association l’antidépresseur et l’alcool ? Comment peut-on se prendre en charge quand on est alcoolique et atteint de dépression ? Les réponses sont dans cet article .

alcool et depression

Qu’est-ce qu’un antidépresseur

Comme son nom l’indique, un antidépresseur est un traitement destiné à traiter la dépression et les complications qui y sont apparentées. Apparus en 1957, les antidépresseurs exposaient à des risques élevés à cause de leurs nombreux effets secondaires. Toutefois, aujourd’hui, les choix sont nombreux et sont dotés d’une meilleure tolérance.

Les antidépresseurs appartiennent aux psychotropes qui sont des traitements médicamenteux luttant contre les souffrances psychologiques et améliorant le psychisme. Tous les médicaments antidépresseurs permettent de combler le chagrin et la tristesse.

Cela dit, chacun d’eux présente un objectif thérapeutique différent : traitement de la fatigue physique et psychique ; sédatifs à action calmante combattant l’angoisse et chassant les insomnies ; stimulants et tranquillisants.

Catégories

Il existe quatre grandes catégories d’antidépresseurs dont l’utilisation dépend de l’état du patient et du diagnostic posé. Ainsi, on distingue les antidépresseurs tricycliques, les inhibiteurs spécifiques de recapture de sérotonine, les inhibiteurs de monoamine-oxydase et les inhibiteurs de la sérotonine et de la noradrénaline.

Utilisation

Les sujets dépressifs réagissent différemment aux multiples médicaments des catégories citées. Lors d’une prescription, le médecin prend en considération de nombreux critères pour juger du bon traitement. Souvent, les doses sont modifiées au fur et à mesure de la durée de prise du traitement en fonction de l’amélioration et des effets secondaires.

Les risques de mélanger antidépresseur et alcool

Pour commencer, l’alcool amplifie les effets secondaires liés aux médicaments antidépresseurs. Il altère également leur efficacité  et arrive jusqu’à annuler leur effet thérapeutique.

Par ailleurs, l’association antidépresseur et alcool risque de baisser dangereusement la vigilance. Elle entraîne même une somnolence pointue qui peut nuire au foie. En effet, la fonction hépatique est grandement affectée par la prise simultanée d’alcool et de médicaments antidépresseurs.

alcool et depressionSur le plan psychologique, la potentialisation de la dépression liée à l’annulation de l’effet thérapeutique et à l’amplification des effets secondaires empire la situation du concerné. Ce dernier devient plus agité, angoissé et pris entièrement par la négativité. Son contrôle de soi n’est plus possible. Ces facteurs combinés peuvent même céder place aux pensées suicidaires et aux troubles de comportement.

C’est  pourquoi, les professionnels de la santé sont unanimes à recommander de ne pas mélanger les médicaments antidépresseurs avec de l’alcool. Il ne faut jamais arrêter la prise de son traitement antidépresseur sans en parler à son médecin. Il faut plutôt envisager un sevrage alcoolique, mais en étant suivi par un spécialiste.

Effet psychologiques alcool

Les effets secondaires des antidépresseurs

Bien qu’ils soient phénoménaux dans le traitement des formes sévères de dépression, des effets secondaires sont possible comme c’est le cas pour tous les traitements médicamenteux. Certes, la gravité dépend du patient, de sa réaction au traitement et enfin de sa sensibilité.

Sevrage alcool symptomes physiques

Ainsi, peuvent s’observer les signes suivants : somnolence ou excitation, obésité/prise de poids, sécheresse de la bouche, constipation, contraintes sexuelles, hypotension artérielle. En effet, d’autres effets secondaires sont relevés et dépendent du type même du médicament antidépresseur.

Pour les inhibiteurs  de la sérotonine, ils peuvent causer des nausées, des vomissements, des céphalées et une éruption cutanée. Ces symptômes sont rares et ne persistent que dans les premières semaines du traitement.

En ce qui concerne les  inhibiteurs de la sérotonine et de la noradrénaline, ils présentent les mêmes effets secondaires avec, en plus, un risque de syndrome de sevrage si l’on arrête brutalement le traitement.

Les autres antidépresseurs exposent aux effets secondaires classiques cités préalablement.

Comment se faire prendre en charge ?

Prise en charge atypique

L’association de l’alcool et de la dépression est très fréquente. Les deux maladies présentent une dépendance réciproque et en l’absence de traitement adéquat, elles font entrer le sujet atteint dans un cycle infernal. D’ailleurs, quand une personne décide d’arrêter l’alcool, un bon médecin cherche toujours une éventuelle dépression associée et vice-versa.

Certes, la prise en charge d’un alcoolique dépressif serait compliquée si on la comparait à une prise en charge d’un alcoolique classique ou d’un sujet souffrant d’une dépression isolée. Généralement, c’est toute une équipe pluridisciplinaire qui intervient pour étudier toutes les facettes du patient.

Comprendre réellement l’état d’une personne à la fois alcoolique et dépressive est la clé d’une prise en charge réussie. Chacun des professionnels utilise ses compétences pour, au final, assurer un traitement ciblé et idéalement exempt d’effets secondaires graves ou de rechutes.

Traitement simultané des deux problèmes

Dans la majorité des cas, la dépression est traitée en premier avant l’alcoolodépendance, particulièrement si le sujet éprouve des idées suicidaires. En revanche, le traitement d’alcool peut être prioritaire si la personne présente une hépatite alcoolique et une atteinte importante du foie.

Enfin, si l’on n’observe pas de gravité réelle, les professionnels se reposent sur le psychisme du patient et son état pour décider de la démarche thérapeutique à adopter. Quand l’équipe spécialiste diagnostique que la dépression est à l’origine de l’addiction , c’est-à-dire que l’individu boit pour traiter sa dépression , la priorité est une thérapie antidépressive.

Néanmoins, aujourd’hui, on est conscient que les deux problèmes sont censés être pris en charge simultanément. L’alcool, doté d’un pouvoir dépressiogène, ne peut être reporté. De plus, on est conscient que si la dépression exige une prise en charge médicamenteuse, l’alcool doit obligatoirement disparaître de la vie du patient.

Le suivi psychologique est également recommandé et envisagé dans la plupart des cas. Si un médicament traite le symptôme, la psychothérapie traite l’origine du symptôme. L’efficacité de la psychothérapie dans le traitement de la dépression et de l’alcoolisme n’est plus à prouver. Celle-ci cible les dysfonctionnements interpersonnels et tire profit des forces de la thérapie cognitive et comportementale pour cibler une prise en charge radicale et complète.

L’importance de se faire suivre par un médecin

Quand on souffre de dépression et que l’on est alcoolique, un suivi chez un médecin est une obligation. Non seulement cela prévient les effets secondaires, mais garantit aussi la guérison et la prévention d’un mauvais pronostic. Plusieurs éléments justifient l’importance de se faire suivre par un médecin pour guérir d’une dépression associée à l’alcoolisme.

alcool et depressionCompréhension de la situation

Seul, on ne peut jamais décider de la gravité réelle de la situation. Quoiqu’il semble que l’on soit en mesure de comprendre l’état dans lequel on est, des subtilités peuvent échapper. Cela peut sembler anodin, mais on n’est vraiment pas bien placé pour décider de quelle maladie serait le facteur déclencheur de l’autre.

Le médecin est à même de comprendre la relation entre l’alcool et la dépression dans ce cas particulier. Il est le mieux placé pour évaluer l’état d’un sujet atteint et établir un protocole de prise en charge en totale adéquation avec ses spécificités et particularités. De même, il oriente le concerné aux thérapies qui permettent de traiter cette association de la manière la plus efficace possible.

Éviction de complications

On peut s’auto-guérir naturellement si l’on n’est pas dépendant à l’alcool et que la dépression est dans ses premiers stades. Or, quand on est emprisonné dans le cercle vicieux alcoolodépendance-dépression, il est très dangereux de tenter une auto-guérison naturelle. L’organisme est inapte de réagir et de s’auto-guérir, le psychisme non plus !

Consulter un médecin permet d’éviter les complications nerveuses, physiques et comportementales pouvant survenir. À savoir : la violence, l’agressivité, la perte de contrôle sur soi, les pensées suicidaires, les hallucinations, les délires, etc. D’autant plus que ces complications risquent d’impacter grandement l’entourage.

Diagnostiquer des éventuelles atteintes fonctionnelles

Le médecin, au travers de son examen complet, parvient à diagnostiquer les éventuels dysfonctionnements qui peuvent nécessiter une prise en charge prioritaire. De même, son diagnostic permet de juger du meilleur traitement antidépresseur qui puisse traiter vos maladies sans affecter la santé d’un organe éventuellement affaibli.

Les examens complémentaires qu’il juge pertinent peuvent anticiper certains effets indésirables graves ou certaines incompatibilités aux traitements antidépresseurs.

Bénéficier d’un suivi pertinent

Le sevrage alcoolique est un processus quelquefois pénible, il est primordial d’être suivi et surveillé pour anticiper les rechutes. En effet, ces rechutes peuvent être très graves vu que l’on est sous traitement antidépresseur et si le médecin ne les détecte pas à temps, les troubles mentaux peuvent s’installer progressivement.

De même, la surveillance permet de déceler une éventuelle intolérance ou faiblesse du corps lié aux deux prises en charge : sevrage alcoolique et antidépresseurs. Encore une fois, il anticipe les risques et met en œuvre un protocole bien étudié et précis pour mener à bien la prise en charge et maintenir le bien-être.

En somme

Si l’on consulte un médecin, il ne faut jamais nier son addiction à l’alcool. Il convient d’être franc pour que le professionnel de santé puisse évaluer correctement la situation, prévenir les risques, orienter vers les services spécialisés et mettre en place une prise en charge ciblée.

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