Pourquoi une recherche?

Nous souhaitons mener cette recherche pour mieux comprendre la relation qui existe entre les addictions, les troubles de l'attachement et les traumatismes dans le but d'améliorer les actions de soutien et les traitements pour les personnes concernées.
Les addictions sont un problème complexe qui affecte de nombreuses personnes dans le monde entier et sont souvent associées à des expériences de traumatisme et à des difficultés dans la gestion de liens émotionnels.
Nous pensons qu’en étudiant comment ces facteurs sont liés les uns aux autres, nous pouvons obtenir une compréhension plus approfondie des causes sous-jacentes des addictions et, par conséquent, améliorer la prévention, le traitement et le rétablissement des personnes qui luttent contre celle-ci.
Notre recherche vise à apporter des connaissances et une compréhension sur la relation complexe entre les addictions, les troubles de l’attachement et les traumatismes, dans le but d’améliorer les soins et le soutien aux personnes concernées, et de contribuer à une approche plus globale et holistique.

Recherche Clinique sur la méthode ADIOS et l’áddiction

Depuis quelques semaines, nous travaillons sur l’élaboration d’un questionnaire pour pouvoir prendre connaissance de la situation initiale des personnes qui font appel à l’Institut ADIOS. Ce questionnaire s’inscrit dans un travail de recherche plus large qui, à terme, permettra de mettre en lumière l’efficacité des accompagnements proposés.
Tout d’abord, nous avons étudié et analysé les instruments de collecte d’informations ainsi que les données recueillies par l’Institut ADIOS au cours de ces dernières années. Dans cette première analyse, nous avons observé que les personnes ayant sollicité de l’aide à l’Institut ADIOS présentaient principalement les problèmes suivants : 177 personnes avaient des difficultés en lien avec la consommation d’alcool, 101 avec la consommation de tabac, 47 avec la consommation de cocaïne, 21 avaient une dépendance aux jeux de hasard, 166 présentaient un trouble du comportement alimentaire et 16 personnes avaient des comportements sexuels problématiques.

En partant des spécificités de la méthode ADIOS qui considère que “Toute addiction relève d’un ou plusieurs traumatismes qui bien souvent réactivent une chaîne de blessures jusqu’à un ou plusieurs troubles de l’attachement issus de la petite enfance”, nous avons effectué une recherche autour de cette idée dans la littérature scientifique. Pour réaliser ce travail, une revue systématique d’articles et de thèses a été menée. Les bases de données les plus utilisées ont été Psicodoc, Dialnet, Google Scholar, PubPsych.eu qui ont permis de consulter des documents scientifiques et des articles publiés par des professionnels dans des livres ou revues scientifiques.

Les études cliniques associées au développement de la méthode ADIOS

Les principaux documents trouvés:
“A Review on Attachment and Adolescent Substance Abuse: Empirical Evidence and Implications for Prevention and Treatment”
Schindler et Bröning (2015) ont réalisé une revue bibliographique des principales études reliant l’addiction aux substances et le style d’attachement, en utilisant des bases de données médicales et psychologiques. Ils ont constaté que toutes les études reliaient l’addiction aux substances à des styles d'attachement insécurisants et qu’un style d’attachement sécurisé pourrait être un facteur de protection contre les addictions.
“Influence de l’attachement et des psychotraumatismes dans les addictions aux drogues”
Eli Kpelly, Silke Schauder, Joanic Masson, Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, Charlemagne Moukouta (2022). Dans cette étude, les auteurs étudient l'influence de l'attachement et des psychotraumatismes sur la base des addictions aux substances psychoactives.
“The Conditional Effect of Parental Drug Use on Parental Attachment and Adolescent Drug Use: Social Control and Social Development Model Perspectives”
Drapela et Mosher (2007). Les enfants de parents consommateurs de drogues, avec lesquels ils vivent dans leur foyer, ont tendance à développer un attachement insécurisé et augmentent le risque que ces enfants deviennent également des consommateurs de drogues à l’avenir.
“Attachment Style and its Influence on the Activities, Motives, and Consequences of SNS Use”
Baek, Y. M., Cho, Y., y Kim, H., (2014). Selon ces auteurs, le style d’attachement sécurisé agirait comme un facteur de protection contre une utilisation excessive des réseaux sociaux. Les personnes ayant ce type d’attachement accèdent aux réseaux sociaux de manière modérée dans le but d’établir des contacts avec d’autres personnes, ce qui génère des sensations positives.
Eroglu (2015) Interrelationship between Attachment Styles and Facebook Addiction (source); Hart et al. (2015) “Attachment theory as a framework for explaining engagement with Facebook” (source); Schimmenti et al. (2014) “Insecure attachment attitudes in the onset of problematic Internet use among late adolescents” (source). Pour ces auteurs, l’attachement anxieux est associé à une utilisation plus fréquente des réseaux sociaux tels que Facebook, car ils trouvent une plus grande facilité d’interaction sociale sans avoir besoin de maintenir un contact physique, en plus d’avoir un plus grande contrôle dans cette communication. Ils manifestent une plus grande préoccupation lors des évaluations sur ces réseaux sociaux, cherchant à obtenir des commentaires positifs.


Pour mener à bien cette recherche, la collecte de données s’avère évidemment fondamentale. Nous sommes partis d’un questionnaire déjà existant mais qui présentait quelques lacunes dans le cadre d’une recherche scientifique. Ce constat, nous a conduit à apporter des modifications du questionnaire d'entretien préalable élaboré par l’Institut ADIOS précédemment.
Cet entretien initial est structuré en trois grandes parties: le motif de demande d'accompagnement ( addictions et autres difficultés), l’attachement et les traumatismes.

D’un côté, la partie qui identifie le motif de l’accompagnement. Sont alors recueillies les informations relatives aux diverses difficultés pour lesquelles la personne demande de l’aide. Nous avons souhaité inclure, dans cette partie de l’entretien, des tests permettant de mesurer les addictions qui auraient été identifiées.

Addictions et autres difficultés

L’addiction peut être définie comme un état chronique et complexe caractérisé par une dépendance physique et/ou psychologique à l’égard d’une substance ou d’un comportement particulier.
Il existe de bons instruments de mesure des addictions, tels que l’EUROPASI, mais en raison de sa longueur (plus de 140 items) et de sa complexité, nous l’avons écarté. Nous avons donc sélectionné d’autres instruments de mesure à partir des critères suivants : 1) Avoir une validité psychométrique reconnue, 2) avoir longueur limitée et 3) faciles à compléter.

Pour l’alcool : Test AUDIT.  L’AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test) a été développé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est utilisé pour identifier les schémas de consommation d’alcool qui peuvent être néfastes pour la santé ou indiquer un possible trouble lié à la consommation d’alcool. Composé de 10 questions, ce questionnaire présente de bonnes propriétés psychométriques.. Il est simple à utiliser et facile à analyser.

Pour la consommation de tabac: Test FAGERSTROM. C’est un outil élaboré par Karl Fagerström en 1978, utilisé pour évaluer le degré de dépendance à la nicotine chez les fumeurs. Les versions les plus courantes sont le Test de Fagerström à 6 questions et le test de Fagerström à 2 questions. Nous allons utiliser la version á 6 questions car elle permet une évaluation plus détaillée et complète de la dépendance à la nicotine. Il est largement utilisé dans la recherche et la pratique clinique pour mesurer l’intensité de l’addiction au tabac. 

Pour la consommation de drogues, à l’exclusion de l’alcool et du cannabis : Test DUDIT.  C’est un outil d’évaluation utilisé pour identifier les éventuels troubles liés à la consommation de substances chez les adultes. Il se concentre sur l’évaluation de la consommation de drogues illicites et de médicaments à potentiel d’abus. Le Test DUDIT se compose de 11 questions qui explorent la consommation de différents types de drogues, les schémas de consommation, les conséquences négatives associées à la consommation de drogues et la dépendance aux substances. Il a montré une haute validité par rapport à d’autres instruments de mesure de la consommation de drogues.

Dépendance aux jeux de hasard: LIE/BET. Composé de 2 questions. Il permet le dépistage en cas de suspicion de jeu pathologique.

Pour la consommation de cannabis : CAST. La version pour adultes du CAST (Cannabis Abuse Screening Test) comprend 6 questions relatives à la consommation de cannabis, la fréquence et la quantité de consommation, les problèmes associés et la dépendance. En ce qui concerne la validité psychométrique, il a été généralement constaté que la version pour adultes du CAST présente une bonne sensibilité et spécificité dans la détection de la consommation problématique de cannabis.

Troubles alimentaires : Ils ne sont pas considérés comme une addiction, mais nous les incluons ici car ils font partie des principaux motifs de demande d’accompagnement. Questionnaire SCOFF-F. Il est utilisé pour évaluer la présence de troubles du comportement alimentaire, spécifiquement les symptômes de la boulimie et de l’anorexie nerveuse. Il se compose de 5 questions simples qui abordent les aspects clés des troubles du comportement alimentaire.

L’attachement

Sachant que la thématique de l’attachement est un des piliers de la méthode ADIOS, il est fondamental de lui consacrer une partie de l’entretien.
Théorie
On peut définir l’attachement comme un lien émotionnel et affectif qui se forme entre les individus, généralement entre un enfant et ses principaux soignants. Il implique la recherche de proximité, de sécurité et de réconfort auprès de la figure d’attachement en cas de besoin ou de détresse, et il a un impact significatif sur le développement émotionnel et les relations interpersonnelles tout au long de la vie.
La théorie de l’attachement (développée par le psychologue John Bowlby) soutient que les relations affectives précoces, généralement avec les parents, sont fondamentales pour le développement humain. Ces relations constituent une base sécurisante à partir de laquelle les individus peuvent explorer le monde et relever les défis de la vie. Un attachement sécurisé favorise la santé émotionnelle et le bien-être tout au long de la vie, tandis que des modèles d’attachement peu sécurisés peuvent entraîner des difficultés émotionnelles et relationnelles.
Actuellement, les auteurs travaillant dans le domaine de l’attachement chez l’adulte proposent que les différents types d’attachement puissent être alignés sur un continuum de deux dimensions conceptuelles: l’anxiété et l’évitement.
A partir de cette conceptualisation, nous trouvons 4 types d’attachement:
1) Attachement sécurisé: Les personnes ayant un attachement sécurisé ont généralement une perception positive d’elles-mêmes et des autres. Elles se sentent à l’aise à la fois en étant proches des autres et en étant autonomes. Elles sont capables de gérer les séparations et les retrouvailles sans trop d’anxiété.
2) Attachement évitant: (appelé craintif): les personnes ayant un attachement évitant ont tendance à éviter les relations intimes et à maintenir une certaine distance émotionnelle. Elles préfèrent l’indépendance et ont souvent du mal à exprimer leurs besoins affectifs ou à se sentir à l’aise avec l’intimité émotionnelle.
3) Attachement ambivalent (appelé anxieux ou fusionnel): les personnes ayant un attachement ambivalent ont souvent une faible estime d’elles-mêmes, mais une grande dépendance aux autres. Elles ont tendance à être préoccupées par le rejet ou l’abandon et peuvent être excessivement anxieuses dans leurs relations, cherchant constamment la réassurance et la validation.
4) Attachement désorganisé (appelé aussi chaotique): les personnes ayant un attachement désorganisé ont souvent vécu des expériences traumatisantes ou abusives dans leur enfance. Elles peuvent présenter des comportements contradictoires, alternant entre la recherche de proximité et l'évitement, ainsi que des réactions inhabituelles envers les figures d’attachement.
Ainsi, l’information doit être recueillie de la façon la plus objective possible. Sont alors mobilisés des instruments d’analyse valides et fiables qui ont été psychométriquement validés parmi lesquelles nous choisirons celui qui convient le mieux aux besoins de l’Institut ADIOS.
Questionnaires

Questionnaire d'Attachement pour Adultes (QAA)
Il s'agit d'un questionnaire largement utilisé pour évaluer les styles d'attachement chez les adultes dans le contexte français. Ce questionnaire comprend des questions liées aux croyances, aux attitudes et aux expériences dans les relations proches, permettant d'évaluer les différents styles d'attachement.
Le problème pour nous est qu'il n'y a pas d'échelle spécifique pour l'attachement désorganisé, bien que certaines des questions puissent donner des indications liées à la présence de ce style d'attachement, qui se caractérise par une combinaison d'anxiété et d'évitement, ainsi que des comportements contradictoires et conflictuels dans les relations.

CAMIR-R
Il s’agit d’un outil qui mesure l’attachement des adolescentes et des adultes. Il se compose de 32 questions auxquelles le participant doit répondre sur une échelle de type Likert à 5 points. Le questionnaire CAMIR-R présente de bonnes propriétés psychométriques pour son application dans le domaine clinique et de la recherche. Il se concentre sur les styles d’attachement sécurisé, anxieux-préoccupé et évitant. Il ne mesure pas directement le style d’attachement désorganisé, mais selon les auteurs de ce questionnaire, un score élevé dans la dimension “Traumatisme infantile” semble indiquer que la personne présente des caractéristiques d’un attachement désorganisé.
Le CAMIR-R, ainsi que le fichier Excel pour leur correction, sont publiés de manière libre et gratuite pour les chercheurs et les professionnels qui souhaitent les utiliser, à l’adresse suivante: https://sites.google.com/site/bpierreh/home/instruments

CAAR (Questionnaire révisé d'attachement adulte)
C’est un questionnaire révisé sur l'attachement chez les adultes qui mesure les styles d'attachement sécurisé, anxieux-préoccupé, évitant et désorganisé.
Le CAAR est conçu pour évaluer les expériences d'attachement dans la relation de couple et dans les relations proches en général. Il se compose d'une série d'items abordant différents aspects de l'attachement tels que la confiance, la dépendance émotionnelle, le besoin de proximité, l'évitement de l'intimité et la dissociation émotionnelle.
Ce questionnaire permet d'obtenir des scores pour chacun des quatre styles d'attachement, ce qui permet d'identifier et de catégoriser les individus selon leur style d'attachement prédominant.

L’EAA (Échelle d’Attachement pour Adultes)
Cette échelle évalue les styles d’attachement chez les adultes et se base sur les concepts de l’attachement sécurisé, anxieux, évitant et désorganisé. Elle offre une approche multidimensionnelle pour mesurer l’attachement dans différents contextes et relations et comprend entre 18 et 30 questions qui peuvent varier selon la version spécifique utilisée.
Cette échelle évalue les styles d’attachement chez les adultes et se base sur les concepts de l’attachement sécurisé, anxieux, évitant et désorganisé. Elle offre une approche multidimensionnelle pour mesurer l’attachement dans différents contextes et relations et comprend entre 18 et 30 questions qui peuvent varier selon la version spécifique utilisée.
Relationship Scale Questionnaire (RSQ) (Questionnaire des échelles de relation) :
Le RSQ est un questionnaire utilisé pour évaluer les styles d’attachement dans les relations interpersonnelles, en particulier dans le contexte des relations de couple. Compte généralement entre 30 et 40 questions, la quantité de questions peut varier en fonction de la version spécifique du questionnaire utilisée dans une situation donnée. Il évalue les quatre types d’attachement.
Enfin, on peut dire qu’il existe de nombreux instruments pour évaluer de manière systématique et fiable la qualité de l’attachement. Le problème auquel nous sommes confrontés est que la plupart de ces outils nécessitent l’autorisation de leurs concepteurs et, dans de nombreux cas, une formation est requise, ce qui implique un investissement en termes de temps et d’argent.
Les instruments présentés ne mesurent pas tous l’attachement désorganisé. Contrairement aux styles d’attachement sécurisant, anxieux et évitant qui présentent des schémas plus cohérents et prévisibles, facilitant ainsi leur mesure à l’aide des questionnaires, l’attachement désorganisé présente une complexité et une difficulté accrues à être évalué, sur tout á travers des méthodes quantitatives standardisées. En conséquence, l'évaluation de l’attachement désorganisé est souvent réalisée à l’aide d’entretiens cliniques et nécessite donc une interaction directe avec un professionnel.
Parmi tous les instruments analysés jusqu’à présent, celui qui correspond le mieux à nos besoins est le questionnaire CAMIR-R, nous l’utiliserons donc probablement dans notre recherche.
En vue de l’utilisation potentielle de ce questionnaire, nous allons en faire une brève description des 7 dimensions autour desquelles il est structuré:
Dimension 1: Sécurité: Disponibilité et soutien des figures d’attachement.
Cette dimension se concentre sur la perception d’avoir été aimé et soutenu par les figures d’attachement. Elle évalue la confiance en ces figures et l’impression qu’elles étaient disponibles lorsque leur soutien était nécessaire.
Dimension 2: Préoccupation familiale.
Cette dimension mesure le degré de malaise aigu qu’une personne ressent lorsqu’elle est séparée de ses proches. Elle indique à quel point la personne craint de perdre sa famille et ses proches.
Dimension 3: Interférence des parents.
Cette dimension fait référence au souvenir d’avoir été surprotégé par les parents. Elle évalue si la personne pense que ses parents sont trop intervenus dans sa vie et ont limité son autonomie.
Dimension 4: Valeur de l’autorité des parents.
Cette dimension évalue l’appréciation positive que la personne fait des valeurs familiales d'autorité et de hiérarchie.
Dimension 5: Permissivité parentale.
Cette dimension est liée aux souvenirs d’avoir connu un manque de limites et d' encadrement pendant l’enfance. Elle évalue si la personne perçoit que ses parents étaient trop permissifs et n’ont pas établi de limites claires.
Les auteurs du Camir-r regroupent les deux dimensions précédentes, la 4 et la 5, sous l’intitulé de structure familiale.
Dimension 6: Autosuffisance et ressentiment envers les parents.
Cette dimension décrit le rejet des sentiments de dépendance et de réciprocité affective, ainsi que le ressentiment envers l’autonomie et le besoin de soutien émotionnel.
Dimension 7: Traumatisme infantile.
Cette dimension fait référence aux souvenirs d'avoir connu un manque de disponibilité, de violence et menaces de la part de figures d’attachement pendant l’enfance. Elle évalue si la personne a vécu des situations traumatiques dans son environnement familial

La dimension 1 est associée à l'attachement sécurisé, les dimensiones 2 et 3 à l'attachement ambivalent, la dimension 6 à l’attachement évitant et la dimension 7 suggère que le sujet présent des indicateurs d’un attachement désorganisé.
Avant de l’incorporer définitivement, nous allons tester l’outil avec un petit échantillon pour vérifier si les questions, les corrections et l'interprétation des échelles correspondent à nos attentes.

Traumatisme

La définition du traumatisme peut varier en fonction du contexte dans lequel il est utilisé. Dans le domaine de la santé et de la psychologie, on peut comprendre le traumatisme comme une expérience ou un événement traumatique extrêmement angoissant ou perturbant qui provoque une réponse émotionnelle et psychologique intense. Il peut être causé par des situations de danger, d’abus, de violence, d’accidents graves, de catastrophes naturelles ou d’autres événements marquants. Le traumatisme peut avoir des effets durables sur la personne, affectant son bien-être émotionnel, mental et physique, et peut se manifester sous forme de Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT). Il est important de souligner que toutes les personnes qui vivent des événements traumatiques ne développent pas un trouble de stress post-traumatique. Le TSPT est une réponse pathologique et spécifique qui nécessite une intervention et un traitement appropriés.
Tout comme pour les addictions et l’attachement mentionnés précédemment, il existe diverses échelles et questionnaires qui évaluent le traumatisme.
Un certain nombre de ces outils évaluent la présence de TSPT, comme les questionnaires IES-R ou ITQ, toutefois nous sommes intéressés ici à ceux qui évaluent les événements traumatiques, qu’ils entraînent ou non un TSPT.
Par ailleurs, nous recherchons un instrument qui détermine la présence de ces événements traumatisants durant l’enfance, plus précisément avant l’âge de 18 ans, car c’est une période critique dans le développement humain. Les événements traumatisants qui se produisent durant cette période peuvent avoir un impact durable sur la santé et le bien-être de la personne. Néanmoins, dans notre fiche d’entretien préalable, nous avons inclus une question permettant d'évaluer ces événements à l’âge adulte.
Des expériences telles que l’abus physique, l’abus émotionnel, l’abus sexuel, la négligence et la violence familiale peuvent laisser une empreinte profonde dans la vie d’une personne. Au cours des dernières décennies, la relation entre ces événements traumatiques pendant l’enfance et l’apparition d’addictions et troubles de l’attachement à l’âge adulte a été de plus en plus reconnue.
L'étude ACE (Adverse Childhood Experiences)
L’instrument qui correspond le mieux à nos besoins et que nous allons utiliser est le “Questionnaire sur les expériences traumatiques de l’enfance” (ACE en anglais).
Ce questionnaire a été développé pour mener une série d’études entre les Centres de Contrôle de Prévention des Maladies (CDC) et le Kaiser Permanente’s Health Appraisal Clinic aux États-Unis. L'objectif principal de cette recherche était d’examiner la relation entre les expériences adverses pendant l’enfance et les résultats de santé à l’âge adulte. Pour ce faire, ils ont développé le questionnaire mentionné, connu sous le nom en anglais: “The Adverse Childhood Experiences (ACEs) Questionnaire”, qui évaluait l’exposition à des événements traumatisants et adverses pendant l’enfance et l’adolescence.
À l’aide de ce questionnaire, ils ont recueilli des données sur l’histoire de vie et la santé de milliers de personnes. Les résultats de ces études ont révélé des schémas d’association entre les expériences adverses pendant l’enfance et divers problèmes de santé à l’âge adulte, incluant les maladies chroniques, les troubles mentaux, les addictions et les comportements à risque.
L’étude originale des ACE a recueilli des données auprès de 17 000 personnes. Par la suite, l’étude a été reproduite à plusieurs reprises avec des résultats similaires: entre 2’15 et 2017, des données ont été collectées auprès de plus de 144 000 adultes dans 25 États des États-Unis.
L’impact des études ACE sur la compréhension de l’impact des expériences de l’enfance sur la santé et le bien-être tout au long de la vie a été remarquable. Elles ont grandement contribué à sensibiliser à l’importance de prévenir de façon précise les ACE et d'aider les enfants à y faire face afin de limiter leur impact sur la santé mentale à l'âge adulte.
Le questionnaire se compose d’un total de 10 questions auxquelles la personne répond par “oui” ou par “non”. Chaque question fait reférence à un type spécifique d’evénement adverse survenue pendant l’enfance, tels que l’abus physique, l’abus émotionnel, l’abus sexuel, l’abandon ou la maltraitance au foyer. Les participants doivent indiquer s’ils ont vécu ces événements adverses pendant leur enfance (avant l’âge de 18 ans).
Cette échelle a été largement utilisée et est reconnue comme un outil valide pour évaluer l’exposition aux événements adverses pendant l’enfance et leur lien avec diverses difficultés tout au long de la vie. Elle peut être utilisée non seulement dans la recherche pour recueillir des données sur l’exposition aux événements adverses au sein de l'échantillon d'étude, mais également dans un contexte clinique dans le but d’évaluer l’historique des expériences adverses des patients. Ainsi, cela permettra de comprendre les facteurs de risque et l’apparition de divers problèmes de santé aussi bien au niveau physique que mental.
Les expériences adverses vécues pendant l’enfance (ACE’s) peuvent avoir un impact profond sur le développement du cerveau et du système nerveux. Les personnes ayant vécu des ACE’s peuvent être plus susceptibles de faire face à des niveaux élevés de stress dans leur vie quotidienne en raison des changements dans les réponses hormonales et neurobiologiques provoqués par le stress résultant des expériences traumatiques.

Stress

Pour comprendre comment les ACE’s nous affectent, il est nécessaire de consacrer quelques lignes à la notion de stress et pour une meilleure compréhension de son fonctionnement et de sa relation avec les ACE’s, nous suivrons le modèle proposé par la Dre. Nadine Burke Harris, pédiatre et experte en santé infantile. Elle définit trois types de stress: Bon (ou positif), Mauvais (ou tolérable) et Toxique.

Le stress est en soi une réponse naturelle du corps qui se déclenche dans des situations perçues comme étant difficiles ou menaçantes. Il sert à ce que l’organisme réagisse rapidement à ces situations, en augmentant l’énergie et la concentration. Par exemple, lorsque le corps perçoit une menace, le stress favorise une réponse de lutte ou de fuite en activant le système nerveux sympathique et le système endocrinien, produisant du cortisol et de l’adrénaline, fournissant ainsi plus d’énergie pour faire face à la situation stressante. Le stress permet également d’améliorer certaines performances, certains apprentissages et d’augmenter la concentration. Suivant la classification du stress proposée par la Dre Nadine Burke Harris, nous pourrions qualifier ce stress de “Bon” car il s’agit d’un stress léger et temporaire qui nous permet d’affronter des défis.

Le stress “Mauvais” (tolérable) fait référence à un stress plus intense qui peut survenir en raison d’événements difficiles tels que la perte d’un être cher, un accident ou une catastrophe naturelle. Bien que ce type de stress soit plus grave et puisse être accablant, il est considéré comme “tolérable” s’il existe un soutien adéquat. Le soutien social, les soins et une intervention précoce peuvent aider à atténuer les effets négatifs du stress tolérable.

Le stress “Toxique” est le type de stress le plus nocif et chronique qui peut résulter d’expériences adverses prolongées et traumatiques, c’est-à-dire des ACE’s (expériences adverses pendant l’enfance). Le stress “Toxique” peut avoir un impact significatif sur le développement du cerveau et du système nerveux chez les enfants, et il est associé à un risque accru de problèmes de santé physique et mentale tout au long de la vie.

On estime que la prévalence des ACE’s dans la population occidentale est élevée, atteignant jusqu’à 50% (Crounch et al., 2019) 

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0145213419301346?via%3Dihub

Avoir vécu au moins une expérience des ACE’s pendant l’enfance a été associé dans des multiple études épidémiologiques à des toxicomanies, des comportements sexuels à haut risque, des troubles de santé mentale (anxiété, dépression, idéation suicidaire, hallucinations, troubles du sommeil), des maladies chroniques (asthme, cancer), à une mortalité prématurée, un abandon scolaire, entre autres (Austin et al., 2016; Petruccelli et al., 2019).

Score ACE’s: probabilité de pathologies

 Les chercheurs de ces études, aux États-Unis, ont trouvé de nombreuses corrélations entre les scores ACE et différentes pathologies à l’âge adulte. Ainsi, les enfants qui ont vécu quatre ACE ou plus ont:
– Un risque de consommer des drogues intraveineuses et de faire des tentatives de suicide 10 à 12 fois plus élevé.
– Un risque de développer un cancer et une maladie cardiovasculaire 2 à 3 fois plus élevé.
– 32 fois plus de chances d’avoir des problèmes d’apprentissage et de comportement.
– Enfin, 8 des 10 principales causes de décès aux États-Unis sont corrélées avec l’exposition à quatre ou plus ACE.
https://eclkc.ohs.acf.hhs.gov/publication/trauma-adverse-childhood-experiences-aces


Prévalence statistique dans la population américaine de l’étude ACE:
(Source:https://www.ifemdr.fr/wp-content/uploads/2018/12/questionnaire-sur-les-experiences-traumatiques-de-lenfance.pdf?x92995)

 

Score ACE égal à 1

Score ACE égal à 2
 

1,2 fois plus de risques d’être fumeur

1,5 fois plus de risques de souffrir d’une maladie cardiaque

2 fois plus de risques d’usage de drogues en intraveineuse

1,6 fois plus de risques de promiscuité sexuelle (plus de 50 partenaires)

1,7 fois plus de risques de contracter une infection sexuellement transmissible

1,04 fois plus de souffrir d’une maladie hépatique

2 fois plus de risques d’être victime de violence physique si l’on est une femme

3,5 fois plus de risques d’être victime d’une agression sexuelle si l’on est une femme

1,25 fois plus de risques d’être un « binge drinker » (consommation de grandes quantités d’alcool en un temps réduit)

1,06 fois plus de risques de contracter un cancer

1,6 fois plus de risques de développer un problème de santé mentale

1,04 fois plus de risques d’être obèse

1,7 fois plus de risques d’être fumeur

1,7 fois plus de risques de souffrir d’une maladie cardiaque

10 fois plus de risques d’usage de drogues en intraveineuse

2,1 fois plus de risques de promiscuité sexuelle (plus de 50 partenaires)

2 fois plus de risques de contracter une infection sexuellement transmissible

1, 4 fois plus de souffrir d’une maladie hépatique

2,2 fois plus de risques d’être victime de violence physique si l’on est une femme

4 fois plus de risques d’être victime d’une agression sexuelle si l’on est une femme

1, 5 fois plus de risques d’être un « binge drinker » (consommation de grandes quantités d’alcool en un temps réduit)

1,4 fois plus de risques de contracter un cancer

2,2 fois plus de risques de développer un problème de santé mentale

1,1 fois plus de risques d’être obèse

Score ACE égal à 3 Score ACE supérieur ou égal à 4
2,3 fois plus de risques d’être fumeur

1,9 fois plus de risques de souffrir d’une maladie cardiaque

22 fois plus de risques d’usage de drogues en intraveineuse

2,2 fois plus de risques de promiscuité sexuelle (plus de 50 partenaires)

2,3 fois plus de risques de contracter une infection sexuellement transmissible

1,9 fois plus de souffrir d’une maladie hépatique

2,8 fois plus de risques d’être victime de violence physique si l’on est une femme

4,5 fois plus de risques d’être victime d’une agression sexuelle si l’on est une femme

1, 5 fois plus de risques d’être un « binge drinker » (consommation de grandes quantités d’alcool en un temps réduit)

1,5 fois plus de risques de contracter un cancer

2,3 fois plus de risques de développer un problème de santé mentale

1,3 fois plus de risques d’être obèse

2,6 fois plus de risques d’être fumeur

2,1 fois plus de risques de souffrir d’une maladie cardiaque

40 fois plus de risques d’usage de drogues en intraveineuse

2,1 fois plus de risques de promiscuité sexuelle (plus de 50 partenaires)

2,9 fois plus de risques de contracter une infection sexuellement transmissible

1,9 fois plus de souffrir d’une maladie hépatique

4,8 fois plus de risques d’être victime de violence physique si l’on est une femme

9 fois plus de risques d’être victime d’une agression sexuelle si l’on est une femme

1,7 fois plus de risques d’être un « binge drinker » (consommation de grandes quantités d’alcool en un temps réduit)

1,5 fois plus de risques de contracter un cancer

3,1 fois plus de risques de développer un problème de santé mentale

1,5 fois plus de risques d’être obèse

Études ACE’s

La recherche basée sur le Questionnaire des Expériences Adverses de l’Enfance (ACE) a été étendue et a fourni un base solide de preuves sur la relation entre les événements traumatiques pendant l’enfance et divers résultats tout au long de la vie.

Voici quelques exemples remarquables d’études basées sur l’ACE:

“Relationship of Childhood Abuse and Household Dysfunction to Many of the Leading Causes of Death in Adults The Adverse Childhood Experiences (ACE) Study”


Étude originale ACE (Felitti et al,, 1998). Cette étude pionnière, menée aux États-Unis par Vincent Felitti et son équipe, met en lumière le lien qui existe entre les expériences adverses vécues pendant l’enfance et la santé à l’âge adulte. Les résultats ont révélé que les experiences adverses pendant l’enfance étaient liées à risque accru de problèmes de santé mentale et phisique, notamment les addictions, les maladies cardiovasculaires, l’obésité et le suicide.
https://www.ajpmonline.org/article/S0749-3797(98)00017-8/fulltext

“Relationship Between Multiple Forms of Childhood Maltreatment and Adult Mental Health in Community Respondents: Results From the Adverse Childhood Experiences Study”

Étude ACE en relation avec la santé mentale (Edwards et al., 2003): Cette étude examine la relation entre les expériences adverses vécues pendant l’enfance et les troubles mentaux à l’âge adulte. Les résultats ont montré que les individus ayant vécu des événements traumatiques pendant l’enfance avaient un risque plus élevé de développer des troubles anxieux, des troubles dépressifs et des troubles du comportement à l’âge adulte.
https://ajp.psychiatryonline.org/doi/full/10.1176/appi.ajp.160.8.1453

“Childhood Abuse, Neglect, and Household Dysfunction and the Risk of Illicit Drug Use: The Adverse Childhood Experiences Study”

Étude ACE et les addictions (Dube et al., 2003): Cette recherche explore le lien existant entre les expériences adverses vécues pendant l’enfance et le risque de développer des addictions. Les résultats ont indiqué que les personnes ayant vécu des événements traumatiques pendant l’enfance avaient une probabilité plus élevée de développer des dépendances à des substances telles que l’alcool, le tabac et les drogues illicites.

https://publications.aap.org/pediatrics/article-abstract/111/3/564/79853/Childhood-Abuse-Neglect-and-Household-Dysfunction?redirectedFrom=fulltext

Étude ACE et problèmes d’attachement (Li et al., 2016): Cette étude a examiné la relation entre les expériences adverses vécues pendant l’enfance, les styles d’attachement et les problèmes d’attachement à l’âge adulte. Les résultats ont montré que les événements traumatiques pendant l’enfance étaient associés à des styles d’attachement insécures, tels que l’attachement anxieux et l’attachement évitant, ainsi qu’à des difficultés dans la formation de relations intimes et satisfaisantes.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10099002/

  Relation entre les troubles de l’attachement, les Traumatismes et les Addictions

Qu’est-ce qui conduit à quoi?

Traumatismes → Troubles de l’Attachement

Les traumatismes peuvent avoir un impact significatif sur le développement des liens affectifs et sur la constitution de relations sécurisées pendant l’enfance et tout au long de la vie. Les liens d’attachement sont essentiels pour établir des relations saines et fiables avec les autres.

Lorsqu’un enfant subit un traumatisme, comme l’abandon, l’abus ou la négligence, son système d’attachement peut être profondément affecté, entre autres choses en raison de la dysrégulation d’une hormone connue sous le nom d’hormone de l’attachement: l’Ocytocine. La relation entre cette hormone et les neurotransmetteurs, tels que la sérotonine, dans le déclenchement de troubles de l’attachement liés aux expériences traumatiques a été largement étudiée, comme le montrent de nombreux articles scientifiques, parmi lesquels, l’étude de De Bellis et zisk (2014) et celle de Heinrichs et Ditzen (2016): 

Heinrichs et Ditzen (2016) « The role of oxytocin in social bonding, stress regulation and mental health: An update on the moderating effects of context and interindividual differences »  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23856187/

De Bellis, et  Zisk (2014) “The Biological Effects of Childhood Trauma” https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3968319/#R166

Ces traumatismes peuvent générer diverses réponses chez l’enfant, telles que l’hypervigilance, l’évitement émotionnel et la méfiance envers les autres. Ces réponses peuvent affecter le développement des modèles d’attachement sécurisés. Dans certains cas, ces difficultés d’attachement peuvent contribuer au développement de troubles de l’attachement, notamment les troubles de l’attachement désorganisé

Troubles de l’Attachement → Addictions

Les personnes souffrant de troubles de l’attachement peuvent éprouver des difficultés à établir des relations sécurisantes et fiables, ce qui peut entraîner des sentiments de solitude, d’anxiété et une sensation de vide émotionnel. Pour combler ce vide émotionnel et chercher des moyens d’atténuer le mal-être intérieur, certaines personnes se tournent vers la consommation de substances addictives ou développent des comportements compulsifs tels que le jeu compulsif ou une utilisation excessive de la technologie. Ces substances ou comportements peuvent soulager temporairement l’individu, créant une sensation momentanée de satisfaction ou d’évitement de l’inconfort. 

L’addiction devient alors une stratégie d’automédication que les personnes utilisent pour faire face aux émotions d’attachement non comblé.

Les substances stimulantes du système nerveux central, telles que la cocaïne, les amphétamines, l’ecstasy, la nicotine et la caféine, favorisent l’activation des processus cognitifs, physiologiques et émotionnels.

En revanche, les substances dépressives du système nerveux central, telles que les dérivés opioïdes (héroïne, fentanyl, morphine, méthadone, etc.) l’alcool, les cannabis et les benzodiazépines entre autres, inhibent les processus cognitifs qui entraînent une distanciation vis-à-vis des autres personnes, provoquant une désactivation à la fois physiologique et émotionnelle.

En prenant en compte ce qui précède et simplement comme hypothèse, on pourrait s’attendre à ce que les individus ayant un attachement ambivalent soient plus enclins à développer des dépendances liées aux substances stimulantes pour faire face à leur anxiété et à leur besoin de soulagement émotionnel.

Les individus ayant un style d’attachement évitant peuvent être plus enclins à développer des dépendances à des substances dépressives, et/ou à développer  des comportements tels que la dépendance au travail et aux nouvelles technologies, pour les aider à se déconnecter de leurs émotions ou à éviter des situations inconfortables.

Chez les individus présentant un style d’attachement désorganisé, il n’a pas été constaté de prédisposition accrue à la dépendance envers les substances dépressives ou stimulantes, en raison de leur instabilité émotionnelle.

Traumatismes → Addictions

Les traumatismes peuvent accroître le risque de développer des addictions comme moyen de faire face à la douleur émotionnelle causée par le traumatisme.

Les personnes ayant vécu des traumatismes peuvent faire face à des sentiments écrasants d’anxiété, de dépression, de colère ou de désespoir. Face à ces émotions, elles peuvent recourir à la consommation de substances addictives comme moyen d’évasion ou d’automédication, offrant au début un soulagement temporaire des symptômes provoqués par le traumatisme.

Ce schéma de consommation peut conduire au développement d’une dépendance car l’individu peut devenir de plus en plus dépendante des substances pour gérer ses émotions et affronter les défis quotidiens. L’individu cherchera continuellement à consommer la substance pour éviter de faire face aux effets durables du traumatisme.

Comme nous l’avons déjà vu précédemment, les personnes qui ont vécu des expériences traumatiques (ACE’s) peuvent avoir un système de stress déséquilibré, ce qui les amène à faire face à des niveaux de stress élevés de manière chronique, (le stress toxique).

En tenant compte de cela, nous pouvons identifier d’une part, des personnes qui, en raison de  l’expérience traumatique  qu’elles ont vécue et de la dérégulation du stress qui en résulte, se trouvent dans un état de tension chronique et d’hyperactivité. Ces personnes auront tendance à consommer des substances dépressives du système nerveux central telles que les opioïdes, les benzodiazépines, l’alcool et le cannabis, entre autres, pour tenter d’atténuer cette hyperactivité et ce stress chronique.

D’autre part, nous pouvons identifier des personnes qui, pour faire face à une expérience traumatique, utilisent des stratégies de dissociation et/ou de dépersonnalisation. Elles semblent être déconnectées de la réalité et émotionnellement “anesthésiées”. 

Afin de sortir de cet état et “réactiver” leurs émotions, ces personnes pourraient être plus enclines à la consommation de substances stimulantes du système nerveux central telles que la cocaïne, les amphétamines et le tabac.

Echelle de satisfaction de vie.(SWLS en anglais)

L’échelle permet d’évaluer l’évolution de la satisfaction de vie de la personne au cours d’une intervention

Comparer les scores de la SWLS au début et à la fin du traitement peut aider à évaluer s’il y a eu un changement dans la  perception de la satisfaction de vie du patient pendant le traitement. Cela fournit un mesure de l’efficacité du traitement dans l’amélioration du bien-être général du patient.

Recherche clinique sur l’Hypnose et l’addiction

Selon le comité de la división 30 de l’APA (Association Américaine de Psychologie), nous pourrions définir l’hypnose comme une état de conscience impliquant une attention concentrée et une réduction de la conscience périphérique caractérisée par une capacité accrue de répondre à la suggestion (https://www.apadivisions.org/division-30/about/index).

En d’autres termes, l’hypnose est un état d’attention focalisée, de relaxation profonde et d’augmentation de la suggestibilité. Pendant une séance d’hypnose, le patient entre dans un état de transe légère, où son esprit subconscient devient plus accessible aux suggestions du thérapeute. Il est important de souligner que dans cet état, le patient conserve le contrôle et la conscience, et on ne peut pas le contraindre à faire quelque chose contre sa volonté. L’hypnose a été utilisée dans diverses applications thérapeutiques, telles que le traitement des phobies, des troubles du sommeil, la gestion de la douleur et le traitement des addictions, entre autres.

Bien que l’hypnose en soi ait été pratiquée depuis longtemps, son application spécifique dans le traitement des addictions a commencé à être documentée et étudiée de manière plus systématique dans les années 1950 et 1960.

Reprenant les trois piliers sur lesquels repose la méthode du travail de l’Institut ADIOS: addictions, troubles de l’attachement et traumatismes, nous passons à formuler des hypothèses sur le processus par lesquels l’hypnose peut être liée à chacune de ces piliers.

Hypnose et addictions

Reprogrammation des schémas de pensée:

Les addictions sont souvent enracinées dans des schémas de pensée et de comportement répétitifs. L’hypnose peut aider au niveau subconscient à reprogrammer ces schémas, en identifiant et en modifiant les associations mentales qui conduisent à l’addiction. Les thérapeutes utilisent des suggestions positives pour encourager une nouvelle perspective sur l’addiction et promouvoir l’autodiscipline.

Réduction de l’anxiété et du stress:

L’anxiété et le stress sont des déclencheurs courants des addictions. L’hypnose est connue pour sa capacité à induire un état de relaxation profonde, ce qui peut aider à réduire l’anxiété et le stress chez les patients. Cette relaxation peut servir comme outil pour gérer les émotions et éviter les rechutes.

Exploration des causes sous-jacentes:

L’hypnose facilite l’exploration des causes émotionnelles et psychologiques sous-jacentes des addictions, permettant ainsi d’aborder les racines du problème.

Craving

L’hypnose peut aider à réduire l’intensité des cravings. Au cours des séances, un thérapeute induit une relaxation profonde et suggère des pensées positives, diminuant l’urgence de satisfaire les désirs. De plus, l’hypnose remplace les pensées négatives par de pensées constructives, renforçant la volonté à rester sobre. Elle enseigne également des stratégies d’adaptation, telles que la visualisation et la pratique de réponses saines, fournissant aux patients des outils pour résister à la tentation.

Hypnose et troubles de l’attachement

Réparation des modèles d’Attachement et Développement de Relations Sécurisées:

 

L’hypnose peut être un outil efficace pour explorer et guérir les schémas d’attachement insécurisés enracinés depuis l’enfance. En facilitant l’accès aux souvenirs et aux expériences passées, y compris ceux liés à des événements traumatiques, l’hypnose pourrait aider à aborder l’origine des troubles de l’attachement.
Cette approche permet l’identification et le traitement des souvenirs émotionnels refoulés associés à l’attachement insécurisé. L’hypnose ne favoriserait pas seulement la guérison émotionnelle, mais contribuerait également à la construction de relations d’attachement plus saines. En débloquant ces souvenirs, le chemin est ainsi ouvert pour transformer les schémas d’attachement dysfonctionnels, favorisant un changement positif vers des relations solides et sécurisées.

Dans cette ligne, nous trouvons l’article de Vladimir Zelinka, Yann Cojan et Martin Desseilles (2014) “Hypnosis, Attachment, and Oxytocin:An Integrative Perspectivehttps://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00207144.2013.841473  Dans cet article, se explore le potentiel de l’hypnose comme outil thérapeutique pour aborder les problèmes liés à l’attachement et le rôle de l’ocytocine (mentionnée précedentement comme l’hormone de l’attachement) dans la facilitation des liens d’attachement sécurisés.

Hypnose et traumatisme

Accès au Subconscient:

L’hypnose offre aux individus la possibilité d’explorer des souvenirs et des émotions traumatiques souvent bloqués ou enfouis. Cette approche s’avère particulièrement bénéfique pour ceux qui éprouvent des difficultés à se remémorer les événements passés ou à gérer les émotions liées à un traumatisme. En facilitant l’accès au subconscient, l’hypnose permet de revisiter et de traiter des souvenirs traumatiques qui demeurent souvent inaccessibles dans un état de conscience ordinaire.

Dans l’article de Steven N. Gold & Michael Quiñones (2020) “Applicability of hypnosis to the treatment of Complex PTSD and dissociation.” (https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00029157.2020.1789546) les auteurs soutiennent que l’hypnose est particulièrement adaptée au Trouble de Stress Post-Traumatique Complexe, car elle peut traiter les symptômes principaux du trouble, y compris la dissociation, la dérégulation émotionnelle et les perceptions négatives de soi-même.

Phases du processus hypnotique

Indépendamment du type de technique d’hypnose appliquée, on peut décrire une série de phases, généralement communes dans le processus hypnotique.

Tout d’abord, avant de commencer le processus hypnotique proprement dit, des tests de suggestibilité sont généralement réalisés afin de déterminer si la personne est hypnotisable et dans quelle mesure. Cette phase permettra d’identifier la meilleure procédure d’induction à appliquer à la personne à hypnotiser.

Au cours de la phase d’induction hypnotique, la personne atteint l’état de transe hypnotique grâce à la méthode et aux techniques choisies par l’hypnotiseur.

Le cœur du processus hypnotique réside dans la phase de suggestions thérapeutiques: des suggestions sont faites concernant le problème pour lequel la personne consulte, dans le but de réduire les symptômes, les attitudes ou les comportements.

Au cours de la phase post-hypnotique ou de dés-hypnotisation, le professionnel aide la personne à sortir de la transe et il est recherché à ce qu’elle se sente calme, avec une sensation de bien-être.

Types de techniques d’hypnose Institut ADIOS

Hypnose Ericksonienne

La méthode ericksonienne de Milton H. Erickson, se distingue dans le domaine de l’hypnose par son approche méticuleuse et personnalisée. Cet ensemble de techniques vise à activer les ressources individuelles à travers des états de transe thérapeutique, dans le but à court terme de soulager les symptômes et résoudre les problèmes, et à long terme, de restructurer les systèmes de croyances et de valeurs. Son influence dans les écoles thérapeutiques à travers le monde en fait une approche distinctive pour aborder les addictions par l’hypnose.

L’hypnose ericksonienne repose sur des principes fondamentaux qui la distinguent des approches plus traditionnelles:

Utilisation de la Résistance: Contrairement aux méthodes directes, l’hypnose ericksonienne utilise la résistance du patient comme un élément clé. Au lieu de lutter contre cette résistance, le thérapeute l’intègre dans le processus, favorisant ainsi un état de transe plus profond.

Métaphores et Narrations: Erickson était réputé pour sa capacité à utiliser des métaphores et des narrations, engageant ainsi le subconscient du patient de manière indirecte. Cette approche permet au patient d’interpréter les suggestions de manière personnelle, favorisant ainsi une réponse plus profonde.

Dans le contexte du traitement des addictions, l’hypnose ericksonienne se révèle particulièrement efficace en raison de sa nature flexible et adaptative.

Abordage des Résistances liées aux addictions:

Les résistances inhérentes aux addictions, telles que la négation ou la défense, sont traitées avec sensibilité. L’hypnose ericksonienne s’ajuste pour transformer ces résistances en catalyseurs de changement, facilitant ainsi la transformation des schémas de pensées liés à l’addiction.

Exploration des Profondeurs Émotionnelles: En plongeant dans les couches émotionnelles du subconscient, cette technique peut aider à identifier et traiter les causes émotionnelles sous-jacentes des addictions. Les métaphores et les narrations permettent d’explorer ces aspects de manière symbolique et thérapeutique. 

L’hypnose ericksonienne, en intégrant ces principes, offre une approche personnalisée et puissante pour aborder les addictions, s’adaptant aux besoins spécifiques de chaque individu.

 

Le lien suivant conduit à une vidéo où l’on peut voir et entendre une séance d’hypnose de Milton Erickson lui-même en 1958:

Hypnose Conversationnelle

C’est une approche plus subtile et moins directe que d’autres types d’hypnose. Elle repose sur l’idée d’induire un état hypnotique à travers une conversation apparemment normale, permettant au thérapeute d’influencer le comportement et les croyances de l’individu sans que celui-ci en soit pleinement conscient, ce qui conduit Sarah Nacass à affirmer dans son livre “Méthode ADIOS, 12 techniques pour mettre fin à une addiction ou de tca”  “C’est dialoguer directement avec l’esprit subconscient et inconscient de son interlocuteur, sans que son facteur critique ne vienne stopper cette communication”.

L’hypnose conversationnelle est une méthode structurée de persuasion visant à influencer les perceptions et croyances d’une personne ou d’un groupe à travers le langage verbal, non verbal et vocal.

Pour comprendre comment fonctionne ce type d’hypnose, nous allons nous référer à la théorie des trois cerveaux (également connue sous le nom de cerveau triunique) proposée par le neuroscientifique Paul MacLean. Cette théorie, proposée dans les années 1960, a été discutée et ne reflète pas entièrement la complexité et la sophistication de la compréhension actuelle du cerveau dans la communauté scientifique. Cependant, elle nous sert à mieux comprendre le fonctionnement de cette technique d’hypnose. Selon MacLean, le cerveau humaine peut être divisé en “trois cerveaux” qui ont émergé à des moments évolutifs différents:

Le cerveau reptilien: la partie la plus instinctive et primitive du cerveau. Responsable des décisions inconsciente visant à satisfaire nos besoins les plus fondamentaux tels que la reproduction, la peur, la faim, la fuite, etc. Il est également responsable de processus automatiques tels que la respiration et le rythme cardiaque.

Le cerveau limbique: responsable du stockage des sentiments et de l’expérience des émotions.

Le cerveau néocortex: la partie logique et rationnelle associée à des fonctions cognitives plus avancées telles que la pensée consciente, la planification et le raisonnement.

 

L’hypnose conversationnelle cible le “cerveau reptilien”, la partie la plus primitive et instinctive de notre cerveau, c’est à dire l’inconscient. A l’aide d’une série de techniques, elle vise à contourner l’esprit rationnel afin d’implanter des suggestions chez l’autre personne, sans qu’elle s’en rende compte.

Nous pourrions résumer les techniques de l’hypnose conversationnelle de la manière suivante:
Établissement d’un cadre: L’hypnotiseur prend les rênes de la conversation et établit les termes de celle-ci
Création de rapport: L’hypnotiseur crée un climat de confiance, une connexion émotionnelle, avec l’autre; pour y parvenir, il peut imiter l’autre dans des aspects tels que son ton, son style de parole et répéter ses propres idées.
Schéma de changement: L’hypnotiseur utilise des histoires ou des anecdotes pour implanter une suggestion chez l’autre.
Fermeture d’implication: L’hypnotiseur conclut la conversation et demande directement de qu’il recherche.

Ces techniques sont largement utilisées en marketing et en politique dans le but d’influencer la volonté de l’autre, de persuader et/ou de motiver la personne à prendre une action. De plus, on peut également employer ces techniques pour aider l’autre à modifier son comportement.

Hypnose Rapide 

L’hypnose rapide est une technique qui vise à induire un état hypnotique chez un individu en un court laps de temps, souvent en quelques secondes ou minutes. Elle utilise une approche de suggestion directe, en se concentrant sur des méthodes qui accélèrent le processus d’induction de la transe hypnotique.

Mythes et croyances erronées

L’hypnose a acquis au fil du temps une réputation douteuse, et ce stigma peut être attribué en grande partie à des malentendus, des représentations inexactes et des stéréotypes ancrés dans la culture populaire et les médias. L’utilisation initiale de l’hypnose comme outil de divertissement dans les spectacles de foire a contribué à une perception erronée. Elle a dès lors été présentée davantage  comme un spectacle que comme une pratique thérapeutique légitime.Puis ensuite, le cinéma, la télévision et d’autres médias ont continué à véhiculer cette image.

Le manque de compréhension générale des principes de l’hypnose et de son application thérapeutique ont conduit à une certaine méfiance à son égard et elle a  longtemps été perçue comme une forme de  contrôle mental ou de manipulation. 

Diverses croyances existent autour de l’hypnose: (https://www.psychologytoday.com/us/blog/finding-new-home/202102/21-myths-about-hypnosis). Ci-dessous quelques exemples des croyances les plus répandues: 

La littérature scientifique et l’efficacité de l’hypnose

“The effectiveness of hypnosis for pain relief: A systematic review and meta-analysis of 85 controlled experimental trials”  https://gala.gre.ac.uk/id/eprint/23018/7/23108%20THOMPSON_The_Effectiveness_of_Hypnosis_for_Pain_Relief_2019.pdf

Cet article est une méta-analyse qui a inclus 85 études pour évaluer l’efficacité de l’hypnose dans la réduction de la douleur. 

Les résultats de la méta-analyse ont montré que l’hypnose était efficace pour réduire la douleur. Il a également été constaté que l’efficacité de l’hypnose était influencée par deux facteurs: la suggestibilité hypnotique et l’utilisation de suggestions analgésiques directes. Les personnes ayant une plus grande suggestibilité hypnotique ont connu un soulagement plus important de la douleur grâce à l’hypnose. De plus, il a été observé que le soulagement de la douleur était plus important lorsque des suggestions analgésiques directes.

Bien que les résultats suggèrent que l’hypnose peut être une technique efficace et sûre dans l’intervention de la douleur aiguë, il est important de noter que cette méta-analyse s’est concentrée sur la douleur induite en laboratoire chez des participants en bonne santé. Par conséquent, d’autres études seraient nécessaires pour confronter ces résultats avec la douleur clinique, en d’autres termes, la douleur ressentie en raison d’une maladie, d’une blessure ou d’un quelconque problème médical.

“Efficacy of hypnosis in the treatment of substance use disorders”  https://www.psicociencias.org/pdf_noticias/Eficacia_de_la_hipnosis_en_el_tratamiento_de_trastornos_por_consumo_de_sustancias.pdf

Cet article examine les preuves scientifiques concernant l’utilisation de l’hypnose dans le traitement des dépendances aux substances, mettant en évidence la prévalence d’études axées sur la dépendance à la nicotine. Cependant, diverses limitations sont observées dans les études examinées, allant du manque de contrôle expérimental dans la plupart des cas à la disparité des résultats et des conclusions. Dans une grande partie des études analysées, il est observé que l’efficacité de l’hypnose augmente lorsqu’elle est combinée avec d’autres types d’interventions. Bien que l’article conclut que les preuves actuelles ne soutiennent pas de manière concluante l’hypnose comme une procédure validée empiriquement pour les troubles liés à la consommation de substances, il est souligné que, malgré tout, l’hypnose apparaît comme une procédure sûre et acceptée, notamment dans le traitement de la dépendance au tabac.

“Efficacy of clinical hypnosis: A summary of its empirical evidence”

https://www.papelesdelpsicologo.es/English/1699.pdf

Cet article présente un ensemble d’études réalisées pour  évaluer l’efficacité de l’hypnose face à divers problèmes, tant d’ordre psychologique (douleur, anxiété, obésité, dépression, tabagisme, traumatisme et troubles psychosomatiques) que médical (troubles gastro-intestinaux, diabète, préparation à la chirurgie, oncologie, obstétrique, troubles dermatologiques, immunologie, hypertension otorhinolaryngologie, odontologie et pédiatrie).

Les études misent en avant dans l’article indiquent que l’hypnose est un complément efficace pour la gestion d’une large gamme de problèmes psychologiques et médicaux, améliorant la qualité de vie des patients. Certaines études suggèrent que l’hypnose utilisée en complément à d’autres traitements s’avère plus efficace que lorsque celle-ci est utilisée comme unique forme d’intervention. Malgré des découvertes significatives, il est souligné le besoin de mener à bien des recherches supplémentaires avec des échantillons plus importants et des cadres expérimentaux améliorés pour valider son efficacité dans les différents domaines d’intervention.

Conclusions