Chaque année, 800 000 hospitalisations dues à l’alcool sont répertoriées. Quant à la dépression, 8 % des Français en souffrent.

L’association alcool-dépression est omniprésente, faisant l’objet d’une vraie problématique de santé publique. La sévérité des troubles dépressifs augmente considérablement chez une personne alcoolique. Une personne dépressive sur 10 serait victime de l’alcoolodépendance et 40 % des sujets alcooliques sont déprimés, d’où la forte liaison entre la dépression et l’addiction à l’alcool.

Aider un alcoolique dépressif s’avère donc vital, c’est pourquoi la prise en charge doit être prudente et ciblée. 

Comment peut-on aider une personne alcoolique de base?

Comprendre les symptômes pour savoir Comment aider un alcoolique dépressif

Qu’est-ce qu’une dépression ?

La dépression est une affection dont l’impact, la complexité et la gravité diffèrent des conséquences liées aux sautes d’humeur ou aux réactions émotionnelles passagères. C’est une maladie grave  qui altère considérablement toutes les facettes de la vie de la personne dépressive.

Le suicide constitue la conséquence la plus grave d’une dépression. C’est d’ailleurs la deuxième cause de mortalité chez les adolescents et jeunes adultes. Toutes tranches d’âges confondues : 9000 personnes mettent fin à leur jours chaque année. La France représente l’un des chiffes les plus élevés d’Europe. 

Les épisodes dépressifs s’initient par un désintérêt vis-à-vis de la vie personnelle, sociale et professionnelle. Le concerné ne ressent plus de plaisir profond, son énergie est épuisée et son activité semble faible, voire inexistante. L’anxiété peut faire partie prenante du quotidien du dépressif. Des troubles du sommeil et du comportement alimentaire (peu ou trop d’appétit) se manifestent considérablement durant cette période. 

La personne dépressive a constamment le sentiment d’être dévalorisée, elle se culpabilise sans cesse. Elle n’arrive plus à se concentrer et commence à souffrir de symptômes physiques, médicalement inexpliqués.

Les types de dépression

Il y a deux types de dépression, une plus légère, une autre plus sévère.

En cas de dépression plus légère, le concerné présente des difficultés relationnelles, sociales et professionnelles. Il parvient tout de même, non sans difficulté cependant, à réaliser des objectifs, accomplir certaines tâches et responsabilités.

Pour les dépression plus sévères, il est quasi impossible pour le malade de tenir ses promesses et engagements. Il n’est plus en mesure d’être actif sur le plan professionnel. Même bilan pour sa vie professionnelle où il n’admet plus de contact ni de sollicitation et adopte une solitude quotidienne.

Dépression plus sévère en cas de dépendance à l’alcool

La situation est d’autant plus compliquée pour une personne qui souffre d’alcoolisme lié à la dépression. L’alcolodépendance joue un rôle significatif dans le passage à l’acte suicidaire. Effectivement, le lien entre l’alcool et le suicide est démontré dans la littérature scientifique (Ali, Nathani, Jabeen, Yazdani, Mouton, Barley, Riley, 2013). Des études qui ont montré que la consommation aiguë d’alcool est associée au suicide.

L’alcoolisme serait également source de difficultés de concentration et de prise de décision, de troubles du sommeil et des sentiments de culpabilité. L’abus d’alcool serait même à l’origine des psychoses, des tentatives de suicide et des troubles paniques.

Mener de front une prise en charge de la dépression et de l’alcoolisme est ainsi primordial. Dans de telles situations, l’aide devrait prioriser la lutte contre la dépression. De nombreux comportements peuvent aider efficacement le sujet dépressif et alcoolique.

Toute prise médicamenteuse doit faire l’objet d’une consultation spécialisée au risque de causer des interactions médicamenteuses graves.

4 points pour aider l’alcoolique dépressif

  • Éviter de culpabiliser la personne dépressive

D’une part, il convient d’abolir les leçons de morale. Bannir les phrases telles que « Il te faut seulement de la volonté, tu y arriveras » est primordial. Quoi qu’elles semblent apporter de la motivation, elles ont tout l’effet contraire chez une personne dépressive. Souvent, sa culpabilité s’accentue et l’incite à se replier sur elle-même.

D’autre part, adopter des discours qui la motivent à se ressaisir ne fait pas du bien non plus. De cette manière, elle n’aperçoit que ses faiblesses et ses incapacités. Ne jamais évoquer la logique quand le concerné évoque son mal-être, ses problèmes. Le meilleur reste d’écouter. 

Il s’agit d’un malade dépressif qui a besoin d’un traitement, d’une prise en charge adéquate. Inutile de lui demander de prendre sa vie en main et de s’améliorer. Demande-t-on à une personne grippée d’arrêter d’avoir de la fièvre ? 

  • Prendre au sérieux la maladie de la dépression

Il ne faut absolument pas banaliser la souffrance de la personne dépressive. Les phrases comme  « ça n’est pas grave » ou encore « si tu savais seulement les souffrances des autres, tu saurais la valeur de ta vie… » sont à proscrire, elles sont inefficaces. 

Une personne souffrant de dépression a besoin que ses peines soient prises au sérieux. Une présence rassurante et compréhensive est nécéssaire. Il faut établir avec le dépressif qu’il n’est pas responsable de son état, que c’est une maladie et que ça n’est pas de sa faute. Il doit être amené à comprendre que son combat n’a pas à être effectué seul, et qu’il y a des solutions.

A ce stade, ne pas inclure l’alcool dans ces discours.

  • Entourage positif indispensable

Tout ce que vous faites pour la personne dépressive ne peut l’aider que s’il est entouré de positivité. Si son entourage est pessimiste, négatif ou continue de lui mettre la pression, veillez à le faire sortir de cette ambiance. Si non, vous ne serez jamais en mesure de l’aider et encore moins de le convaincre d’aller consulter un psychologue.

  • Évoquer les idées de suicide

Un alcoolique dépressif ne parle jamais de ses idées suicidaires, il pense pouvoir les affronter seul et n’apprécie pas de montrer ses faiblesses. En effet, les recommandations des spécialistes sont unanimes : il faut que vous abordiez les idées de suicide avec lui. Faites-le après avoir identifié sa réelle souffrance : posez des questions directes sans trop hésiter, c’est la meilleure attitude.

En conclusion

La dépression et l’alcool sont deux grandes souffrances poussant la personne à s’isoler, à se dévaloriser et à se culpabiliser. Il convient de l’assister pour éviter qu’il ne soit submergé par le déni, la honte, la confusion, la solitude, la peur, les psychoses, l’échec et le suicide.

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