Comment aider un alcoolique qui ne veut pas se soigner?

Il est tout à fait légitime de se demander comment convaincre un alcoolique de se faire soigner. Aujourd’hui, on estime que pour chacun des 5 millions français, en moyenne 5 personnes de son entourage abusent de l’alcool. Il est ainsi évident de vouloir aider en cas de dépendance à l’alcool.

On s’en doute souvent, mais convaincre son proche alcoolique de se faire soigner est une mission qui n’a rien d’impossible. L’alcool n’est pas une fatalité et grâce à des mesures correctes, on finit par récolter le fruit de ses efforts.

La question qui se pose c’est comment aider une personne alcoolique?

Consommation d’alcool : quand est-ce qu’on doit s’inquiéter ?

Si l’on devait définir un seul point d’inflexion qui déclenche l’alcoolodépendance, ce serait la nuance subtile entre une consommation normale et abusive, festive ou dépendante. Par définition, une consommation d’alcool raisonnable se limite à 2 verres/jour avec une abstinence de deux jours/semaine. À la rigueur, il ne faut jamais boire plus de 10 verres par semaine.

Heureusement, l’apparition de certains signes permet d’alerter l’entourage de la présence d’une addiction. Pour commencer, une consommation de plus en plus régulière est le premier comportement témoignant que le concerné entre dans un état d’addiction. À cela, s’ajoute une tendance à boire par besoin et non par plaisir. Le sujet se réfugie dans les boissons alcoolisées pour, entre autres, surmonter un deuil ou oublier un échec, un abandon peut-être.

Des réactions agressives commencent à se manifester en parallèle d’épisodes dépressifs. Ces facteurs combinés mettent le sujet alcoolique dans des situations de conflits relationnels et de ruptures.

Comment convaincre un alcoolique de se faire soigner ?

Réussir à persuader un alcoolique de se faire soigner dépend principalement de l’attitude que l’on est censé adopter. Nul n’a de pouvoir sur son addiction, il faut une profonde prise de conscience, ce qu’on appelle un « déclic », pour trouver la motivation de s’en sortir. Ainsi, le vrai rôle est de l’aider à prendre conscience que son comportement addictif est problématique.

La prise de conscience

Agir en harmonie avec le raisonnement du cerveau alcoolique

Il faut comprendre que le raisonnement d’une personne alcoolodépendante est différent. Sa perception reconnaît l’alcool comme étant une solution et non pas un problème. Si l’on commence par des arguments qui faussent discrètement son raisonnement, la bataille est déjà perdue !

La procédure correcte consiste à mettre de côté les séquelles de l’alcool sur la santé et sur la vie relationnelle. Remettre d’abord le raisonnement sur ses rails doit faire l’objet d’une priorité. Et pour que cet objectif puisse être couronné de succès, toute discussion doit être mené quand le concerné n’a pas bu et est de bonne humeur.

Comment procéder pour corriger ce raisonnement ?

Il est judicieux de ne jamais parler d’un “ problème ” d’alcool, mais plutôt d’angoisses, et ce, sans culpabilisation. Exprimer ses espoirs et ses besoins sans incriminer la consommation d’alcool du concerné n’attise pas son déni et sa culpabilité, ce qui est avantageux.

Mais la question se pose toujours : comment convaincre un alcoolique de se faire soigner sans le repousser ? En effet, l’idée est de partager quelquefois ce moment avec lui en parlant de tout et de rien, de lui faire sentir une présence attentionnée.

Progressivement, on arrive à atteindre une zone qui lui est intime. Car, certes, le rapport à l’alcool est personnel pour un alcoolique. C’est son réconfort, sa réconciliation avec soi qu’il n’arrive pas à trouver ailleurs. Il accepte progressivement et inconsciemment qu’on lui dévoile d’autres alternatives pour atteindre autrement cette réconciliation.

C’est à ce moment que l’on se permet de lui accompagner dans ses moments de détente. Cela peut prendre la forme d’une séance de massage ou de yoga, d’un plaisir gustatif dans un restaurant convivial ou d’une randonnée dans la nature. Ce sont les moments opportuns pour que l’on partage avec lui ses ressentis qui, comme par enchantement, l’aideront à prendre conscience des conséquences de son comportement.

Et comme le cerveau fonctionne par association, celui-ci associera dorénavant activité de divertissement–bien-être au lieu d’associer mal-être–besoin d’alcool. En conséquence, le raisonnement commence à retrouver spontanément son bon chemin.

Ne jamais faire du chantage pour sensibiliser l’alcoolique

Les mots choisis pour s’exprimer ont un pouvoir irrésistible sur le sujet alcoolique. Admettons que l’on souhaite le sensibiliser. Plutôt que de dire : « tu me déçois encore une fois, tu n’as pas tenu ta promesse », dire : « Quand tu bois, je ressens de l’angoisse, j’ai peur de ne plus pouvoir exister dans tes yeux et respirer dans ton sourire. Je crains ne plus pouvoir courir ensemble le matin ». Ce genre de paroles déclenche des sentiments de responsabilisation, mais aussi de regret mêlé au bonheur et dépourvu du déni et de culpabilité : c’est le but !

Exprimer de l’empathie de façon raisonnable

Si l’on est exagérément empathique, on risque de mal comprendre les raisons derrière l’alcoolodépendance d’une personne qui, consciente de cela, risque de s’enfermer sur elle-même. Timidité, solitude, rejet, traumatisme sont tant de causes menant à l’addiction. Lorsque l’on comprend que l’alcool en est une solution, cela lui aide à se fier et à s’imprégner de pensées qu’on lui dévoile.

Ne jamais agir à sa place

Si l’on anticipe et l’on agit à la place de la personne concernée, celle-ci risque de se voir plus submergée par l’alcoolisme en vue d’oublier ses sentiments d’échec. Des sentiments qui sont nourris par cette attitude, lui donnant l’impression d’être faible et incapable.

Ainsi, il vaut mieux mettre à sa disposition des numéros d’aide ou se rendre à des centres spécialisés qui sauront proposer des solutions en toute confidentialité. L’Institut ADIOS adopte une stratégie de prise de conscience basée sur les neurosciences en revenant à l’origine de l’addiction.

En somme

Convaincre un alcoolique de se faire soigner commence en comprenant ses fragilités, justifier sa dépendance, reconnaître son raisonnement et croire en ses décisions. Sans cette démarche, toute tentative de persuasion ne fait qu’empirer la situation et aggraver le refus et le déni.

Accompagner avant de conseiller, écouter avant de parler, comprendre avant d’expliquer et partager avant de demander sont les bases qui finiront sûrement par convaincre l’alcoolique de se faire soigner.

Voir aussi : comment aider un alcoolique qui ne veut pas se soigner

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Voir aussi : aide famille alcoolique 

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Voir aussi :alcoolisme aide entourage

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