Pourquoi l’abstinence peut mettre en danger votre couple ?

L’abstinence, toujours un grand progrès pour l’ancien alcoolique, peut quelquefois, voire souvent, empirer la vie de couple. D’ailleurs, alcoolique abstinent et couple fait l’objet de consultations fréquentes chez les psychothérapeutes ou encore chez les médecins de famille.
La distanciation peut avoir lieu même en étant sous le même toit. L’écart devient de plus en plus important.
Pourquoi donc l’abstinence a l’alcool ou la modération de sa consommation impacte tant la situation dans un couple ? Est-il possible de rétablir la relation ? Existe-t-il des solutions ? Les réponses.

Qu’est-ce qu’un alcoolique abstinent ?

Un alcoolique abstinent est une étape du sevrage alcoolique. L’abstinence exige un refus total de tout type de boissons alcoolisées. Généralement, la période d’abstinence est accompagnée par la prise médicamenteuse. On prescrit des traitements qui sont censés soulager les symptômes de manque et éviter d’éventuelles complications.
Par ailleurs, un suivi psychothérapique est fortement recommandé afin de consolider l’action médicamenteuse. Elle vise à rétablir l’équilibre psychique de l’abstinent pour bannir les comportements agressifs et prendre en charge ses souffrances psychologiques.
L’abstinent se voit souvent orienté vers des groupes d’entraide. C’est une stratégie thérapeutique assez recommandée en période d’abstinence du moment qu’elle permet de mieux contourner ses crises d’angoisse.

Quel comportement d’un alcoolique abstinent ?

Le comportement d’un abstinent alcoolique varie en fonction de plusieurs déterminants. L’âge, l’environnement, l’entourage, l’ancienneté de l’addiction et son intensité sont tant de facteurs qui peuvent conditionner la façon dont la personne agit et réagit.
De manière générale, un abstinent alcoolique est souvent irritable, fragile et extrêmement sensible. Il n’est pas très rare de le voir mener une conversation normale à un débat intense. Il a tendance à douter de tout, à analyser tout et à interpréter tout. Il préfère s’isoler et limiter ses activités.
Il est conscient de ses attitudes, sa confiance en soi est considérablement impactée. Essayant de camoufler ce sentiment, son irritabilité regagne en intensité. Un cercle vicieux qui, en l’absence d’un soutien convenable, risque de l’amener à la rechute.
Par ailleurs, l’abstinent alcoolique est souvent victime de douleurs physiques et dans un grand malaise. C’est l’exemple des maux de l’estomac, des crampes, des migraines, des nausées, etc. Cela augmente davantage sa sensibilité aux différents événements qui l’entourent, mais aussi aux différentes paroles qu’il entend.

Comment cela va impacter votre vie de couple ?

Un couple, c’est un échange constant, un partage inconditionnel. Si le concerné vit mal sa période d’abstinence, la vie de couple est la première relation à se voir impacter du fait de sa spécificité. Le conjoint perçoit nettement le changement, le vit mal aussi. Alors, finalement, une vie de couple impactée implique aussi bien l’action de l’abstinent que la réaction de son partenaire.
C’est d’ailleurs ce qui confirme la nécessité de suivre son sevrage avec un professionnel spécialiste en la matière. Le cas échéant, si la prise en charge est inadéquate, la personne perd ses repères. Il n’arrive pas à accepter la rupture avec son ancien mode de vie.
Alors, il maintient son abstinence par sentiment de responsabilité envers son partenaire, mais en assume le manque au fond de lui. Ce qui, paradoxalement, affecte ce même partenaire. L’abstinent semble mal dans sa peau, incapable de gérer le nouveau rythme qu’il doit mener. Par conséquent, il n’arrive pas à reprendre sa place au sein du couple.
Les conflits, les bouleversements relationnels et les malentendus ne cessent de naître de nulle part. Ce peut aussi être dû au sentiment d’être jugé en permanence, de ne pas être suffisamment considéré. De jour en jour, il s’éloigne, croit qu’il s’impose, mais ne fait qu’agrandir l’écart dans le couple.

Comment éviter la séparation amoureuse ?

La solution peut sembler évidente, mais peu, voire pas adoptée par le partenaire. En effet, comme la personne abstinente passe par une période critique, c’est au conjoint de chercher l’équilibre. Il faut savoir que, dans la majorité des cas, celui-ci va être témoin d’autant de déséquilibre qu’auparavant ; c’est-à-dire en période d’alcoolisme.
Il faut s’informer sur la physiologie de l’abstinence. Lorsque l’on est suffisamment éclairé sur l’origine des comportements et des symptômes, on comprend les réactions qui en découlent. Une attitude compréhensible est alors automatiquement éprouvée. L’alcoolique abstinent la ressent et, de son côté, réagit d’une manière plus douce, plus gérable et plus conviviale.

Il faut éviter d’insister, de réclamer l’intérêt et l’amour. En effet, en abstinence, le concerné a du mal à se gérer et à prendre soin de lui, comment pourrait-on lui demander de le faire pour sauver le couple ?
Pour alors éviter la séparation amoureuse, il faut se pencher sur une communication majoritairement non-verbale. Les câlins, les regards chaleureux, les attitudes de compréhension et le partage sont tout ce qu’un conjoint peut faire pour préserver cet amour.
Nul besoin que l’abstinent se dévoile totalement, qu’il explique parfaitement ce qu’il ressent. Il veut seulement être soutenu sans devoir répondre à des questions ou expliquer des réactions.
Comment se soigner ?
Si la situation ne fait qu’empirer et que l’abstinent alcoolique ne semble pas s’en sortir, une thérapie de couple est l’allié ultime. Le thérapeute n’est pas là pour porter un jugement, mais pour remettre un couple sur la bonne voie, qu’il puisse reprendre le contrôle.
Une thérapie comportementale peut être utilisée, de même que la thérapie analytique ou l’analyse transactionnelle. En bref, il s’agit d’une stratégie qui prend en charge les deux partenaires en tenant compte de toutes les caractéristiques intra-personnelles, interpersonnelles et environnementales.
Par ailleurs, le conjoint ne doit jamais hésiter à consulter un professionnel. Celui-ci lui orientera vers les bons réflexes à adopter. Le but est de convaincre l’abstinent pour qu’il accepte un suivi personnalisé.

En somme
Les informations citées dans cet article restent, certes, une très bonne base, mais ne sont pas exhaustives. Qu’on se le dise, c’est vous qui connaissez parfaitement votre conjoint. Ses qualités, ses peines, ses souffrances et ses mystères n’ont plus de secrets pour vous.
Les clés de son apaisement sont à votre portée. Vous êtes alors la personne la mieux placée pour décider de la meilleure stratégie à adopter. Autant que faire se peut !

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