Comment se comporte un alcoolique abstinent ?

Le comportement d’un alcoolique abstinent ou qui modère sa consommation attise toujours la curiosité. S’abstenir de l’alcool est le signe d’une forte volonté, mais aussi l’épreuve difficile que vit une personne face à lui-même et aux personnes qui l’entourent. Entre ses fortes envies de redevenir comme avant et ses peurs d’échecs, certains comportements peuvent surgir et être difficiles à gérer.

Quels sont donc les comportements qui caractérisent un alcoolique abstinent ? Comment les reconnaître pour parvenir à y faire face et à les soigner ? Pour répondre à toutes ces questions, voyons d’abord qu’est-ce qu’un alcoolique abstinent ?

Qu’est-ce qu’un alcoolique abstinent ?

Un alcoolique abstinent est une personne qui s’est décidé de devenir ce qu’il était avant que l’addiction ne l’emprisonne. Quand une personne alcoolique décide d’arrêter carrément l’alcool et de ne boire aucune goutte, il est ainsi un abstinent.

Être abstinent, c’est avoir l’impression d’utilité retrouvée, c’est se ressentir libre de nouveau, c’est d’être maître de ses décisions. C’est en effet toute une décision de reprise de responsabilités, de partage de vie, de délaissement d’égoïsme. Bref, résister à ses faiblesses et récupérer ses forces.

Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un abstinent ?

Obsession pour les boissons alcoolisées

Un alcoolique abstinent, c’est une personne qui se bat continuellement pour résister à son envie de boire. À longueur de journée, son imagination ne cesse de lui flasher ses boissons alcooliques préférées. Il a une forte obsession pour elles et est censé éprouver une grande patience ainsi qu’une volonté de fer pour la contrarier.

État psychologique

Bien que s’abstenir soit un grand progrès qui fait plaisir à l’ancien buveur, celui-ci se trouve dans un état psychologique précaire. En effet, devoir s’affronter et affronter ses obsessions 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 est loin d’être une mince affaire. Outre l’immense engagement que cela exige, la personne reste contenue dans ses pensées paradoxales.

En d’autres termes, il reste au centre des pensées qui lui incitent à boire et qui le submerge par une forte envie d’alcool et des réflexions qui lui rappellent l’état dans lequel il était avant l’abstinence. Pour les personnes à psychologie faible ou à grandes souffrances mentales, le risque des psychoses et des schizophrénies est nettement augmenté. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’est pas recommandé de s’abstenir sans suivi spécialisé.

Durant la période d’abstinence, ce n’est pas la dépression et l’angoisse qui manquent. En effet, toutes les souffrances passées peuvent regagner en intensité. Cela augmente l’effort fourni par la personne abstinente afin de contrer ses fortes envies de consommer de l’alcool.

Aptitude à nouer et entretenir des relations sociales

Le sevrage alcoolique et l’abstinence font l’objet d’un saut très signifiant aux yeux de la personne concernée, c’est une véritable transition. Elle a l’impression de devenir une nouvelle personne, particulièrement s’il était un ancien alcoolique, il apprend à se redécouvrir.

Ces facteurs combinés font qu’elle est angoissée à l’idée de nouer des relations sociales. Elle craint le rejet et le jugement. De même, elle n’est pas sûre de son aptitude à entretenir ses relations personnelles et professionnelles. Et, s’il a des expériences d’échec dans ce sens quand il était encore alcoolique, son inconscient continue de le projeter, ce qui complique le fait de sortir de sa zone de confort.

Comment cela se traduit dans le comportement d’un alcoolique abstinent ?

Les obsessions pour les boissons alcoolisées font entrer la personne abstinente dans une tendance de solitude et d’isolement. Elle préfère refuser les invitations aux fêtes et renoncer à ses rendez-vous aux restaurants-bar.

Le concerné craint de ne pas pouvoir résister et dire non à un verre apporté par un ami, il craint de se faire dénigrer suite à d’éventuels comportements agressifs ou inappropriés liés aux symptômes de manque. La solution la plus facile à ses yeux est de s’isoler en attendant qu’il aille mieux. Sauf que s’isoler peut empirer davantage la situation.

Son état psychologique altéré se traduit souvent par une agressivité relative, une colère inexpliquée et une irritabilité fréquente. Un alcoolique abstinent peut facilement interpréter faussement une réaction ou une parole pour en faire toute histoire. Ses matinées ne sont pas souvent agréables, il refuse de divulguer ses ressentis et se réfugie dans un silence absolu.

Enfin, ses craintes par rapport à ses relations sociales se traduisent également par la distanciation et l’isolation. Très souvent, il se met à s’imaginer des scénarios de conflits et de déceptions. Cela l’amène à préférer l’écart. Si l’on essaie de lui parler, il éprouve une attitude réticente et se met à penser trop avant de parler au risque d’être mal vu.

Quelquefois, ses précautions exagérées finissent par induire effectivement les effets dont il se méfiait. C’est un cercle vicieux et infernal qui lui pousse davantage à s’isoler et à développer l’angoisse et la dépression. Les délires sont possibles également si la personne n’est pas suivie par un professionnel.

Comment éviter les dérapages ?

Pour éviter les dérapages et les situations inattendus, il va falloir les affronter avant tout. Y faire face est, sans aucun doute, accueilli par l’échec au début, mais à force de forger on devient forgeron. Avec de la persévérance, de la patience et de l’acceptation de ses imperfections, on finit par apprendre à redevenir soi-même et à chasser ses craintes et ses angoisses.

Il suffit d’être accompagné, de se fier à une personne qui vous aimes et que vous aimez vraiment – ami, conjoint ou proche – pour qu’elle vous inhibe si vous vous mettez inconsciemment dans une situation de risque.

Il est indispensable d’avoir un œil extérieur sur ses comportements pour, d’une part se contrôler, apprendre de ses erreurs et d’autre part, voir ses progrès pour ne pas perdre sa confiance en soi.

Comment se soigner ?

Les étapes relatées dans la section « Comment éviter les dérapages ? » sont suffisantes pour se soigner seul si la situation n’est pas très grave. En revanche, si les troubles de comportements sont intenses et incontrôlables, il est obligatoire de s’orienter vers un thérapeute pour contenir les incapacités et prévenir les psychoses, les violences graves et les troubles mentaux en général.

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