Si l’on se demande comment aider un alcoolique qui ne veut pas se soigner, c’est que l’on est forcément frustré face au déni d’un proche ou d’un ami. Seulement parfois, envie d’aider ne rime pas avec efficacité. Certaines réactions peuvent entrainer un attachement plus fort envers l’alcool. C’est pourquoi il faut être précautionneux

Mais alors, comment procéder pour aider un alcoolique qui refuse le traitement ?

Comment aider un alcoolique qui ne veut pas se soigner

Changer d’attitude

Rester informé

On ne peut pas porter de l’aide à une personne alcoolique si l’on ignore le mécanisme de l’alcoolisme et les réactions qui en découlent.

En effet, le comportement d’un alcoolodépendant s’explique par l’effet biphasique. Pour faire simple, c’est un terme qui fait référence à l’état du concerné en fonction du taux d’alcool dans le sang : alcoolémie. Quand cette dernière augmente, le consommateur gère sa dépression, mais quand elle est diminuée, il est angoissé et souffre de pensées négatives, voire suicidaires.

La personne alcoolique prend de mauvaises décisions sans en être consciente. Elle est persuadée qu’elle se contrôle alors qu’elle n’attire que les ennuis personnels et professionnels. Quand elle est enfin consciente de cette réalité, elle se remet à sa consommation abusive pour surmonter l’échec. Un véritable cercle vicieux.

Soutien inconditionnel

Pour rompre le cercle vicieux que nous venons d’aborder, on doit valoriser constamment les choix positifs du concerné et apprécier à voix haute ses progrès.

Par ailleurs, on doit miser sur le langage non-verbal dont l’efficacité est largement démontrée par toutes les sciences. Il convient de manifester généreusement les sourires, les caresses et les câlins pour montrer la satisfaction et la fierté envers les comportements du sujet alcoolique à l’état normal.

Dans les pires moments, il faut montrer l’angoisse et la peine tout en évitant la culpabilisation et les jugements. Un regard inquiet suivi d’un câlin silencieux entraîne plus de changements positifs qu’un reproche ne le ferait.

Ne jamais insister

Insister a tout l’effet contraire d’une aide, cela repousse le dépendant et le pousse dans sa solitude. Au début, il faut toujours opter pour des discussions simples et brèves.

Si l’on continue de lui énumérer les méfaits d’alcool, on nourrit son déni et son sentiment d’échec. Une personne alcoolique est déjà au courant des conséquences de sa consommation, lui répéter ne fait qu’affecter son estime de soi.

Le meilleur que l’on puisse faire est de laisser la personne respirer. De temps en temps, il faut garder des distances afin qu’elle reprenne le contrôle, qu’elle digère les idées qu’on lui a transmises. Au bout de quelques jours, on reprend le sujet autrement et progressivement pour éviter toute réaction exagérée.

Interagir avec la personne alcoolique

L’écoute active

Parler n’est pas toujours indispensable, écouter l’est ! Le plus important est de montrer sa disponibilité, de prouver au concerné que l’on est à ses côtés indépendamment de sa situation et de ses comportements.

C’est pourquoi l’écoute active est un maître mot. En procédant ainsi, le dépendant comprend qu’il est dans un espace de confiance et qu’il est accepté tel qu’il est, sans jugements.

Cette attitude favorise l’introduction d’une aide professionnelle et d’un traitement par la suite.

L’honnêteté

Une des choses qu’un alcoolique apprécie énormément, c’est l’honnêteté. La transparence est de mise Lorsque l’on souhaite discuter avec lui, il la ressent. Lui dévoiler des sentiments de peur et d’inquiétude lui permet de se remettre en question, car il devient conscient des douleurs émotionnelles engendrées par son addiction à l’alcool.

On ne le dira jamais assez, les paroles doivent mettre en valeur la particularité de la relation. Il faut privilégier des expressions comme : « Je n’arrive plus à te voir aussi souvent qu’auparavant, cela me chagrine. Partager plus de temps avec toi me manque terriblement ». Évitez le langage de reproche et de négativité comme : « Tu n’es plus comme avant, tes décisions ne sont plus matures et tu ne passes plus tes moments avec moi… Tu me déçois ».

Prévoir des activités ensemble

Proposer de l’aide à longueur de temps risque d’irriter le concerné et de lui transmettre un sentiment de dépendance, ce qui déclenche un effet paradoxal. L’idéal est de se baser sur ses passions afin d’organiser des activités divertissantes. Cela le rapproche et satisfait l’effet récompense entraîné par la consommation d’alcool.

Demander une aide extérieure

Il arrive de se sentir dépassé et d’avoir besoin d’une assistance pour réussir à aider son proche/ami alcoolique. Certaines résistances nécessitent un soutien spécialisé pour y remédier.

Dans les situations de crise, quand la violence n’est plus contrôlable, la seule aide possible est d’avertir les équipes spécialisées.

Préserver son état d’esprit

Si l’on veut vraiment aider, il faut que l’on ait un bon état d’esprit ainsi qu’une psychologie saine. Le cas échéant, on fera tout sauf porter de l’aide ! Des conflits apparaissent et risquent d’empirer l’état de dépendance de celui que l’on cherche à assister.

D’une part, il existe des organisations qui soutiennent l’entourage des personnes alcooliques. S’y fier est un bon moyen d’enlever un stress et de recharger ses batteries.

D’autre part, on ne doit jamais prendre à cœur les mensonges et la colère d’un sujet alcoolique. Ce n’est que l’effet nerveux de l’alcoolisme qui ne saura sûrement pas résister à une attitude de compréhension et de soutien.

En somme

Certes, voir une personne qui nous est chère s’autodétruire n’est pas facile. Pour l’aider, il faut trouver le juste milieu pour ni l’encourager ni la repousser. En plus des méthodes citées dans cet article, on peut s’orienter vers des institutions spécialisées dans l’aide aux sujets souffrants d’alcoolisme.

Quoi qu’il en soit, rester constamment informé sur l’alcoolodépendance est une nécessité absolue. Il faut savoir qu’une connaissance des mécanismes et des réactions impliquées permet de partir sur de bonnes bases. Cela permet d’éviter les tensions et de prévenir les crises, l’agressivité, le déni, le refus et la violence.

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