Tout savoir sur l’addictologie

L’addiction est aujourd’hui reconnue comme une maladie, plutôt que comme une faiblesse morale ou un manque de volonté. Cette reconnaissance a favorisé le développement de stratégies thérapeutiques empathiques et plus efficaces, centrées sur un rétablissement durable, l’atténuation des risques et la réduction des dommages. Il n’est plus question de stigmatisation des individus affectés.

Ainsi, avec l’évolution des modes de vie, l’addictologie se consacre à l’étude et au traitement des addictions. Quelles sont les différents types d’addiction et comment l’addictologie répond-elle aux besoins des personnes touchées ?

L’addictologie est une discipline jouant un rôle crucial dans la réponse aux défis de santé publique posés par les addictions dans la société moderne.


Qu’est-ce que l’addictologie ?

L’addictologie est une discipline médicale qui se consacre à l’étude, au diagnostic, au traitement et à la prévention des dépendances. Cette spécialité s’intéresse à l’ensemble des addictions, ce qui inclut la dépendance à des substances comme le tabac, l’alcool, les médicaments et les drogues illicites, mais également les comportements addictifs comme le jeu pathologique, l’addiction aux écrans, au travail, aux achats compulsifs, les troubles du comportement alimentaire et autres comportements problématiques. L’objectif de l’addictologie est de comprendre les mécanismes sous-jacents de ces dépendances pour mieux les traiter et les prévenir.

Cette discipline repose sur une approche multidisciplinaire qui combine des connaissances en psychologie, psychiatrie, neurologie, médecine générale mais aussi d’autres domaines pour offrir une compréhension holistique de l’addiction.


Les différents types d’addictions

Les addictions se présentent de diverses manières et peuvent être divisées en deux grands groupes : les dépendances aux substances et les dépendances comportementales. Les premières font référence à l’usage de substances ayant des effets psychoactifs, comme l’alcool, les médicaments, le tabac, les drogues illégales, le sucre et le café. Les secondes sont liées à des actions compulsives, telles que la consommation excessive de nourriture, l’addiction au sport, l’utilisation excessive des écrans, le jeu d’argent, l’abus des réseaux sociaux ou l’achat compulsif. Ces pratiques compulsives procurent un sentiment de soulagement et de plaisir, mais elles peuvent gravement nuire à la santé physique, mentale et au bien-être social de l’individu, ainsi qu’à celui des personnes de son entourage.


Addiction au sport

La bigorexie est une addiction au sport. Le sport est alors pratiqué de manière excessive et obsessionnelle, au point d’occuper une place prédominante dans la vie d’une personne, au détriment de son bien-être physique, mental et social. Bien que l’exercice physique soit normalement bénéfique pour la santé, aussi bien physique que mentale, il devient problématique lorsque l’individu se met à s’entraîner de manière intensive et compulsive, ignorant les contre-indications, la fatigue, et au risque de se blesser.

Les origines de cette addiction varient. Elle peut découler d’un désir d’atteindre un idéal physique, de la recherche de sensations extrêmes, mais elle peut également venir d’une volonté obsessionnelle de contrôler son poids. Sur le plan psychologique, cette addiction est souvent associée à une estime de soi défaillante et une dépendance à l’endorphine, cette hormone du bien-être libérée lors de l’activité physique. Du point de vue social, l’addiction peut conduire à un isolement, la vie sociale et les engagements personnels étant relégués au second plan face aux exigences de l’entraînement.

La prise en charge de cette addiction implique une démarche globale, nécessitant un soutien pour explorer les racines profondes de la dépendance et la mise en œuvre de stratégies visant à modifier les comportements addictifs. L’objectif est de rétablir un équilibre entre l’exercice, le repos, et les autres dimensions de la vie de la personne.


Addiction à la nourriture

Les TCA, troubles compulsifs alimentaires, sont une forme d’addiction comportementale où l’individu consomme de la nourriture de façon excessive et incontrôlée. Cette surconsommation est souvent déclenchée par des émotions négatives comme le stress, l’ennui ou la tristesse, et peut parfois être liée à des traumatismes profonds et inconscients.

À la différence d’autres addictions centrées sur une substance spécifique, c’est simplement le geste de manger qui offre un soulagement. Les personnes souffrant de cette addiction peuvent ingérer d’importantes quantités de nourriture en peu de temps, sans réel besoin physiologique. Cela entraîne des sentiments de culpabilité et de honte, ainsi que de sérieux problèmes de santé, tels que l’obésité, le diabète et des maladies cardiovasculaires.

La prise en charge de ces troubles est complexe et nécessite une approche pluridisciplinaire pour modifier les comportements alimentaires et gérer toutes les émotions liées. L’addictologie permet de prendre en compte l’intégralité des facettes de l’addiction et d’établir un programme qui agit sur les aspects psychologiques, nutritionnels et médicaux.  Cette stratégie doit amener le sujet à entretenir une relation plus saine avec la nourriture et gérer les facteurs émotionnels qui poussent à l’alimentation compulsive.


Addiction comportementale

L’addiction comportementale est un trouble où l’individu adopte des comportements compulsifs et récurrents qui lui apportent un plaisir ou un soulagement immédiat, tout en entraînant des conséquences négatives sur le long terme. Si les addictions à des substances impliquent une dépendance chimique, les addictions comportementales concernent des activités du quotidien mais pratiquées à outrance. L’individu peut, dans ce cas, jouer à des jeux d’argent sans pouvoir s’en empêcher, effectuer des achats compulsifs, avoir un recours excessif aux écrans, utiliser les réseaux et les jeux vidéo de manière systématique, ou avoir une sexualité excessive.

Ces comportements deviennent un problème lorsque la personne perd la maîtrise de ces activités, affectant négativement sa santé mentale, ses relations, sa performance au travail et sa vie quotidienne. Souvent, ces addictions servent inconsciemment à gérer des traumatismes, un stress ou des émotions difficiles, avant de devenir elles-mêmes une cause de souffrance. La prise en charge de ces troubles implique une intervention pour aider l’individu à retrouver un équilibre et à gérer de manière plus saine les difficultés sous-jacentes.


Addiction aux médicaments

La dépendance aux médicaments désigne l’abus de substances pharmaceutiques, qu’elles soient prescrites par un médecin ou disponibles sans ordonnance. Cette addiction peut concerner les sédatifs, opioïdes, les sédatifs, les anxiolytiques ou les stimulants prévus à l’origine pour le traitement des douleurs, de l’anxiété, ou de troubles du sommeil.

L’usage abusif de ces médicaments débute habituellement par une prescription médicale visant à soulager des symptômes bien spécifiques. Avec le temps, la personne peut développer une tolérance, nécessitant des doses plus élevées ou plus fréquentes pour ressentir les effets désirés. Il arrive que l’individu poursuive la prise de médicaments au-delà de la période recommandée. Il consomme les médicaments même en l’absence de besoin, et peut éprouver des symptômes de sevrage en cas de réduction ou d’arrêt de la consommation.

Les impacts de cette addiction peuvent être sévères, augmentant le risque de surdose, de dépression, ainsi que de détérioration des liens sociaux et professionnels. La gestion de cette dépendance requiert un traitement comprenant souvent une phase de désintoxication et un accompagnement pour traiter les problématiques sous-jacentes à l’abus. La prévention est également cruciale, impliquant une vigilance accrue des professionnels de santé dans la prescription et l’éducation du public sur les dangers de l’utilisation prolongée de ces substances. Cela fait partie des missions relatives à l’addictologie.


Addiction affective

L’addiction émotionnelle est un trouble psychologique marqué par un besoin pathologique et excessif d’être aimé ou d’obtenir de l’attention. Les personnes touchées par ce trouble ont souvent une estime de soi réduite. Elles craignent fortement d’être abandonnés, et peinent à s’affirmer et à gagner en indépendance.

Ces personnes peuvent devenir extrêmement dépendantes d’une figure significative – qu’il s’agisse d’un conjoint, d’un parent, d’un ami ou même d’une célébrité – de qui elles recherchent une approbation continue. Elles peuvent se négliger, se sacrifier à l’excès, se conformer aux exigences de l’être aimé ou endurer des situations nuisibles. Elles peuvent ainsi subir un manque de respect, une dévalorisation, et même des abus psychologiques ou physiques. Elles pourront manifester de la jalousie, de la possessivité, de l’anxiété ou des symptômes dépressifs.

Cette dépendance affective est généralement ancrée dans des problèmes d’attachement datant de l’enfance, et peut être activée par des événements traumatisants, des ruptures ou des conflits. Cette condition peut être surmontée. Un accompagnement professionnel peut aider à identifier les origines inconscientes du problème et permettre de mettre en place des stratégies adaptées pour initier un changement positif. L’objectif est d’améliorer l’estime de soi, d’établir des relations saines et équilibrées, de mieux gérer les émotions, et de se libérer des peurs et croyances limitatives.


Addiction sectaire

Une addiction sectaire fait référence à une dépendance psychologique et émotionnelle envers une organisation sectaire ou son dirigeant. Cette organisation opère une domination psychique intense qui compromet le bien-être personnel et les liens avec le monde extérieur de l’individu. Les organisations sectaires utilisent des méthodes de manipulation mentale variées, telles que le contrôle de l’information, la culpabilisation, l’isolement des membres de leur environnement habituel. Elles promettent généralement la réalisation d’un idéal ou l’obtention de récompenses spirituelles, afin d’accroître la dépendance de leurs adeptes.

Les personnes touchées par cette forme d’addiction rencontrent souvent des obstacles majeurs lorsqu’elles tentent de se détacher de ces groupes, face à la crainte de représailles, à la perte de leur communauté au sein de la secte, ou à l’effondrement de leur identité propre.

Le chemin vers la prise de conscience et la récupération pour ces individus implique un soutien psychologique spécialisé, avec pour objectif de rétablir une indépendance de pensée et d’aider à reconstruire une existence hors de l’influence sectaire.


Autres addictions

Il existe un large éventail d’addictions susceptibles de nuire significativement à la santé physique, mentale et même financière de la personne atteinte. Parmi elles, on peut citer aussi la nymphomanie, une addiction sexuelle qui occasionne de grandes souffrances psychologiques. On peut également mentionner la potomanie, qui se distingue par une consommation excessive d’eau, dépassant la capacité du corps à la gérer. L’addiction au shopping, quant à elle, est souvent liée à une faible estime de soi et à un niveau élevé d’anxiété.

Divers aliments contiennent des composés qui stimulent de façon importante le système de récompense dans le cerveau, pouvant mener à une addiction selon la sensibilité individuelle. Cela inclut des produits comme le café, les boissons gazeuses type Coca, le chocolat, le fromage.


Les principaux symptômes d’une addiction

De nombreux signes peuvent laisser supposer qu’une personne est atteinte d’addiction. Ces symptômes doivent encourager à prendre conscience de la situation et à agir. L’individu affecté par une dépendance présente une incapacité à contrôler la quantité de substances consommée, ou la fréquence à laquelle il s’engage dans l’activité addictive.

L’envie de consommer la substance ou de se livrer à l’activité devient un impératif incoercible. En l’absence de ladite substance ou de l’activité, l’individu peut expérimenter divers symptômes physiques ou mentaux, tels que :

  •         De l’anxiété, des changements d’humeur, de l’irritabilité, un manque de motivation, de l’agitation, ou au contraire, une forme d’abattement ;
  •         Des troubles du sommeil, une transpiration excessive, des tremblements, des maux de tête, et dans les cas extrêmes, des hallucinations, comme cela peut être le cas lors d’un sevrage alcoolique.

Il est vital de s’adresser à un service d’urgence face à l’apparition de symptômes sévères.


Les causes principales

Les origines d’une addiction sont diverses et impliquent plusieurs facteurs. Souvent, l’addiction trouve ses racines dans des causes profondément enfouies et inconscientes, émergeant suite à certains événements déclencheurs.

Des conditions psychologiques telles que la dépression, l’anxiété, et le trouble de stress post-traumatique peuvent pousser à l’utilisation de substances ou à des comportements addictifs comme moyen d’évasion ou de soulagement momentané.

L’environnement joue également un rôle significatif dans le développement de l’addiction. Les influences telles que la pression sociale, l’accessibilité aux substances ou activités addictives, ainsi que des expériences de vie traumatisantes ou l’isolement, peuvent favoriser l’apparition et la persistance de comportements addictifs.

L’addictologie étudie les causes possibles des addictions afin de mettre en place des outils de traitement et de prévention efficaces.


Est-ce possible de sortir d’une addiction

Il est tout à fait possible de surmonter une addiction, bien que le chemin vers la guérison puisse être complexe et exiger un engagement soutenu.

L’addictologie, en tant que domaine spécialisé dans l’étude et le traitement des dépendances, joue un rôle crucial dans ce processus. Grâce à une approche multidisciplinaire, elle offre des stratégies thérapeutiques personnalisées qui abordent à la fois les aspects physiques et psychologiques de l’addiction. Les traitements peuvent inclure une désintoxication médicale, un soutien psychologique, des thérapies comportementales et cognitives, ainsi que le développement de compétences pour gérer les envies et prévenir les rechutes. L’addictologie s’appuie également sur le soutien des groupes de pairs et l’intégration de réseaux de soutien social pour encourager la réhabilitation et la reprise d’une vie équilibrée. Ainsi, avec l’aide adéquate et un engagement personnel, sortir d’une addiction est une réalité accessible, ouvrant la voie à une vie plus saine et satisfaisante.


Quelles sont les prises en charge ?

La prise en charge d’une personne souffrant de troubles addictifs repose généralement sur plusieurs aspects. En fonction de sa situation, la personne peut se voir prescrire un traitement médicamenteux, bénéficier d’un suivi psychologique et d’un accompagnement social.

L’addictologue va évaluer l’addiction du patient, et recueillir les informations nécessaires à la mise en place du suivi. Chaque addictologue, en fonction de sa formation, peut avoir une approche différente. S’il est médecin, il peut prescrire l’administration de médicaments pour soulager le syndrome de sevrage et traiter d’éventuels troubles associés, comme la dépression et l’anxiété.

Les programmes de réhabilitation dans un service d’addictologie offrent une prise en charge globale, disponible en milieu hospitalier ou en ambulatoire. Cette prise en charge combine les soins médicaux, le suivi psychologique et l’information sur les dangers de l’addiction. Des activités favorisant le lien social peuvent également être proposées.

La psychothérapie joue un rôle clé dans l’identification et la modification des pensées et comportements à l’origine de l’addiction. Les groupes de soutien, quant à eux, proposent un espace d’échange et d’entraide.

Des méthodes complémentaires peuvent également enrichir le parcours de soin, en aidant à réduire le stress, à se reconnecter à soi-même et à regagner en confiance.

L’institut ADIOS propose une approche holistique innovante, axée sur l’Activation du Changement. Cette méthode prend en compte tant l’origine inconsciente de l’addiction que l’addiction elle-même. La combinaison de 12 techniques douces et efficaces permet de créer un programme sur mesure, adapté aux besoins individuels. Une écoute attentive permet d’établir des objectifs personnalisés. Des outils psycho-émotionnels aident à se libérer des émotions négatives et des croyances limitantes qui entravent le sevrage, tandis que l’hypnose aide à contrôler les envies impérieuses et à mobiliser les ressources internes pour atteindre les objectifs fixés.


Pour conclure

Face à la complexité du mécanisme de l’addiction, et à l’augmentation de ce phénomène, l’addictologie s’est imposée comme discipline holistique, avec pour objectif de proposer des protocoles de sevrage performants et des programmes de prévention plus adaptés.

Il convient d’agir rapidement dès les premiers signes d’addiction, afin d’optimiser le processus de retour à l’équilibre prompt et durable. Les addictologues sont accessibles en divers lieux, que ce soit en cabinet libéral, ou dans des structures privées ou publiques spécialisées en addictologie.

Il est important également de s’orienter vers un addictologue ou vers une méthode correspondant aux attentes et à la sensibilité de la personne. Se sentir en confiance est indispensable pour s’engager dans ce processus de changement.


FAQ


Un addictologue est-il médecin ?

Différentes formations universitaires permettent d’obtenir le titre d’addictologue, après un doctorat de médecine. Toutefois, les DU d’addictologie s’ouvrent également à certaines professions paramédicales.


Quel est le tarif d’une consultation ?

Les tarifs peuvent varier, selon le lieu d’exercice de l’addictologue. Cela peut varier de 80€ à 150€. La prise en charge de l’Assurance Maladie se fait généralement à hauteur de 80% lors d’une consultation dans un établissement de soins spécialisé.


Quel avantage supplémentaire peuvent apporter les méthodes alternatives ?

Les méthodes alternatives interviennent en complémentarité avec un suivi médical. Elles apportent un mieux-être dans un délai réduit. Ces méthodes permettent une reconnexion en douceur avec le corps et l’esprit. La méthode ADIOS est, quant à elle, une thérapie brève qui active un changement de comportement en quelques séances. Elle libère également des émotions et croyances négatives liées à l’addiction.